Les logements du nord de la France moins performants qu'au sud

Le 08 octobre 2020 par Victor Miget
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En 2028, les logements devront atteindre la classe «E» du DPE soit pas plus de 330 kWh/m²/an.
En 2028, les logements devront atteindre la classe «E» du DPE soit pas plus de 330 kWh/m²/an.
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Si le nombre de passoires thermiques tend à baisser, une analyse réalisée par Seloger.com met en exergue les disparités de performances énergétiques du parc immobilier dans les grandes villes françaises.

 

Selon des travaux publiés début septembre par le Commissariat général au développement durable, la France compte 4,8 millions de passoirs thermiques classés F et G dans le diagnostic de performance énergétique (DPE), contre 6,7 millions en 2013. Une progression lente, mais bien réelle.  

La tendance se confirme aussi dans les métropoles françaises. Selon Seloger.com, les passoires thermiques se font plus rares dans les annonces de janvier à août 2020. Avec par exemple -38% pour Caen, et -31% à Nice.  

Moins de besoins

Mais dans ces mêmes villes, le groupe spécialisé dans la diffusion d'annonces immobilière a relevé des disparités. Le constat est clair. Au sud, les logements consomment moins qu’au nord. Les résultats de l’enquête menée montrent que des 40 villes de plus de 100.000 habitants, le parc immobilier de Villeurbanne affiche les meilleures performances énergétiques. Les logements n’y consomment, que 128 kWh par mètre carré et par an. Un score «largement inférieur à la moyenne nationale du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) - laquelle s'établit à 250 kWh», note l’analyse. Et encore, malgré ce score, Villeurbanne n’affiche qu’un classement énergétique de C sur le DPE. Lyon, voisine de Villeurbanne, remporte la médaille d'argent avec 138 kWh/m²/an, suivit de Toulon pour le bronze, avec 150 kWh/m²/an.

Viennent ensuite Montpellier (152 kWh/m²/an), Marseille (153 kWh/m²/an), Toulouse (155 kWh/m²/an), Bordeaux (158 kWh/m²/an), Perpignan (164 kWh/m²/an). Des résultats à prendre avec des pincettes, puisque ces villes du sud «sont moins concernées par la question des logements énergivores. En effet, les besoins en chauffage n’y sont pas les mêmes que dans les régions plus montagneuses (ou plus froide ndlr)», a rappelé à seloger.com, Roselyne Conan, directrice générale de l’Agence Nationale pour l’Information sur le Logement (ANIL).  

Paris arrive bonne dernière avec des performances de 237 kWh/m²/an. Sauf exception (Mulhouse 164 kWh/m²/an), toutes les villes affichant le plus mauvais DPE se situe dans la partie nord du pays. «Pour autant, le déficit d'ensoleillement n’est pas seul en cause… et l’origine des maigres performances affichées par Paris (237 kWh/m²/an), de Saint-Denis (228 kWh/m²/an), d’Amiens (223 kWh/m²/an); d’Argenteuil (221 kWh/m²/an) et de Dijon (219 kWh/m²/an) est aussi à chercher du côté d’un parc immobilier vieillissant», rapporte l’enquête.

Performances incertaines

Reste à attendre les résultats des récentes politiques engagées afin de booster la rénovation énergétique des bâtiments. Le gouvernement vient tout juste d’annoncer les nouveaux barèmes de MaPrimeRenov’, destinée aux particuliers. Tous les ménages sont désormais éligibles. Mais avant de voir le DPE virer au vert, il faudra attendre un peu. Déjà, les résultats desdits travaux engagés par les particuliers, mais aussi certaines directives comme l’interdiction de louer des logements énergivores (2022) et les futures obligations de performances qui n’arriveront pas avant… 2028. A cette date, les logements devront atteindre la classe «E» du DPE au minimum, soit pas plus de 330 kWh/m²/an.

Mais le DPE ne fait pas tout. Logements plus performants ne rimes pas nécessairement avec baisse de consommations d’énergie. En Allemagne par exemple, 340 milliards d’euros ont été investis dans la rénovation énergétique des bâtiments depuis 2010. Or un rapport de la fédération allemande de sociétés immobilières (GdW) pointe que, si la consommation énergétique a baissé de 31% entre 1990 et 2010, elle stagne depuis. En 2010, un foyer allemand consommait en moyenne 131 kWhh/m2/an contre 130 en 2018. La faute à la baisse du prix des énergies fossiles, des équipements peu performants et des occupants qui veulent rester au chaud. Reste à savoir si la France empruntera le même chemin.