Les jeunes agriculteurs prêts pour la transition bas carbone

Le 18 septembre 2020 par Stéphanie Senet
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Les installations de moins de 5 ans seront aidées par l'Etat
Les installations de moins de 5 ans seront aidées par l'Etat

Alors qu’un quart des terres agricoles seront transmises dans les 10 prochaines années, le plan de relance cible directement les jeunes générations. Au menu: formation aux risques et généralisation du bilan carbone des nouvelles exploitations.

Ils seront au rendez-vous. «Les jeunes et la transition agro-écologique sont au cœur du volet agricole du plan de relance présenté par le ministre Julien Denormandie. Nous sommes prêts à aller dans ce sens, celui d’une transition bas carbone dès l’installation et d’une promotion des métiers pour assurer le renouvellement des générations», a affirmé Samuel Vandaele, président du syndicat des Jeunes agriculteurs[1] (JA).

Présenté le 3 septembre, le plan de relance agricole prévoit en effet «qu’un nouvel installé pourra être accompagné pour réaliser un bilan carbone de son exploitation et ainsi identifier les leviers agro-écologiques à sa disposition». Sur le mode du volontariat. Un bilan financé par une enveloppe globale de 10 millions d’euros destinée aux jeunes, comprenant d’autres mesures comme la promotion de métiers du vivant. Ce levier d’action est en tout cas prometteur, puisqu’un quart des exploitations seront transmises dans les 10 prochaines années, en raison du vieillissement des agriculteurs. A condition que ceux-ci soient remplacés. En 2018, le nombre d’installations a poursuivi sa baisse pour toucher 13.925 agriculteurs.

Diagnostiquer avant d’agir

L’idée est de faire connaître aux nouveaux agriculteurs leur performance en matière de captage de carbone pour leur permettre de mettre en place des actions de réduction de leurs émissions de CO2 ou de hausse du stockage. «Ce diagnostic initial devra s’accompagner de recommandations sur les pratiques, comme la réintroduction d’espèces dans les prairies, l’implantation de couverts dans les vignes et la plantation de haies. Un encadrement qui devra être effectué par les chambres d’agriculture, qui ont un rôle très important à jouer dans cette transition», détaille le président des JA.

Vente de crédits carbone

Revers de la médaille, les jeunes agriculteurs comptent tirer des revenus de cette transition bas carbone. «A partir de ce diagnostic, nous pourrons évaluer les progrès et ainsi répondre à des appels à projets européens ou de grandes entreprises qui souhaitent compenser leurs émissions», poursuit Samuel Vandaele. Une démarche qui pourrait reposer sur le label bas carbone, lancé en avril 2019 par le gouvernement. Selon l’instigateur du concept, Benoît Leguet d’i4CE, l’idée est de faire entrer les exploitants dans la boucle de projets-pilotes déployés par des organisations représentatives. D’où le passage de témoin des JA aux chambres d’agriculture.

De l’eau et une formation aux aléas

Partants pour stocker le carbone et réduire leurs émissions de CO2, les jeunes agriculteurs profitent aussi du plan de relance pour demander des garanties. Après une forte sécheresse estivales, ils veulent «une meilleure formation aux aléas climatiques, sanitaires et économiques», «un nouveau débat sur les retenues d’eau qui ne stigmatise pas l’agriculture intensive mais associe tous les usagers de l’eau, y compris les producteurs d’eau potable», «des mesures fortes pour stopper l’artificialisation des terres agricoles et libérer des friches[2]» et «une régulation de l’achat des parts sociétaires» qui serait incluse dans une loi foncière attendue de longue date.



[1] De moins de 35 ans

[2] Entre 50.000 et 100.000 hectares seraient disponibles en France selon les JA