Comment l’Arcep veut alléger le bilan environnemental du numérique

Le 15 décembre 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Peut-on réduire la consommation d'énergie des centres de données?
Peut-on réduire la consommation d'énergie des centres de données?
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Le gendarme du numérique publie une dizaine de recommandations pour alléger le bilan environnemental du numérique.

Le digital est décidément le sujet du moment. A Bruxelles, la Commission commence à réguler l’activité des grandes plateformes internationales (Google, Amazon, etc.). En France, le déploiement de la 5e génération de téléphonie mobile (5G) a cristalilsé les discussions entre les membres de la convention citoyenne pour le climat et le président de la République.

Pouvait-on choisir un meilleur moment pour évoquer l’empreinte environnementale du numérique? Non, répond l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep). L’autorité administrative indépendante vient donc de publier son rapport sur le numérique soutenable.

ateliers thématiques

Pesant sa centaine de pages, le document synthétise une demi douzaine d’ateliers organisés par l’Arcep sur des sujets divers: pratiques commerciales, l’obsolescence programmée, les contenus, les réseaux. Autant de sujets d’importance. Du fait de sa consommation d’énergie croissante, le numérique serait à l’origine de l’émission de 3 à 4% des gaz à effet de serre dans le monde : presque autant que l’aviation commerciale. Au vu du rythme de croissance de ce secteur, l’empreinte climatique du numérique pourrait s’alourdir de 60% d’ici à 2040, selon un récent rapport sénatorial.

voie médiane

Esquissant «une voie médiane entre les deux écueils du laisser-faire et de l’économie administrée», l’Arcep formule une dizaine de recommandations. En commençant par la création d’un observatoire du numérique, qui pourrait être confié à l’Ademe. Pour réduire les coûts et les éventrations de trottoirs, l’Autorité suggère de mutualiser les infrastructures de génie civil.

Des solutions pour réduire la consommation d’énergie des réseaux de téléphonie mobile pourraient être généralisées, comme l’extinction des réseaux 2G et 3 G. Des codes de bonne conduite pourraient être appliquées par les opérateurs, pour réduire l’obsolescence des matériels (maintien d’anciennes versions de systèmes d’exploitation), optimiser la consommation d’énergies des centres de données ou diminuer la demande des terminaux (limitation de l’autoplay). Pas sûr que cela suffise à dissiper les inquiétudes suscitées par le déploiement de la 5G.