Les collectivités progressent sur le vélo

Le 30 juillet 2020 par Victor Miget
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59% ont déjà mis en place des aménagements de transition pour le vélo.
59% ont déjà mis en place des aménagements de transition pour le vélo.

Le Club des villes et territoires cyclables a livré, mi-juillet, les premiers résultats de son suivi de la dynamique des aménagements cyclables et piétons de transition. Les collectivités progressent, mais beaucoup reste à faire.

 

Pendant la crise sanitaire, les transports publics ont dû réduire leur capacité, distanciation physique oblige. Pour éviter un report massif vers l’automobile, le gouvernement a misé sur les modes doux comme la marche, mais aussi et surtout, le vélo. De nombreuses collectivités territoriales ont mis en place, en urgence, des aménagements cyclables de transition. Pistes, bandes cyclables, rues piétonnisées, arceaux de stationnement vélo… les moyens ne manquent pas.

La voiture en embuscade. Parmi les 62 collectivités ayant créé des aménagements de transition, 12 en ont déjà supprimé une partie. Le motif : les installations perturbaient la circulation des véhicules motorisés. La seconde raison invoquée est la non-acceptation par la population, «à mettre en lien avec la difficulté d’organiser l’information et la concertation dans l’urgence», précise le CVTC.

Depuis avril 2020, à la demande du ministère de la Transition écologique et solidaire, le Club des villes et territoires cyclables (CVTC) a accompagné les collectivités territoriales pour la mise en place desdits aménagements. Juillet a été l’occasion pour le CVTC de dresser un premier état des lieux.

Des projets réalisés ou en cours

137 collectivités ont répondu à un questionnaire. Moins d’un quart d'entre elles n’ont aucun projet d’aménagement de transition. «L’échantillon enquêté compte 106 collectivités ayant déclaré avoir mis en place des aménagements de transition ou avoir un projet», note le CVTC. 59% ont déjà inauguré des pistes plus ou moins durables. Mais seulement 14% ont mené à bien l’intégralité de leur programme.

La diversité de ces chiffres s’explique par le contexte électoral de l’entre-deux tours. Il «a rendu de nombreuses collectivités particulièrement prudentes sur les aménagements de transition, des choix politiquement significatifs étant difficiles à prendre dans ce contexte», note le CVTC. La peur de prendre trop de place à la voiture a été prééminente. Les collectivités ont évoqué leur besoin de concertation avant d’effectuer de tel changement.

Le rural peu impliqué             

Le questionnaire met aussi en évidence que «sur l’ensemble des 137 collectivités répondantes, on constate que ce sont les territoires plutôt urbains qui accueillent le plus de projets d’aménagement de transition, et en particulier de projets déjà réalisés ou en cours de déploiement». Plus de 60% des territoires les moins denses n’ont strictement rien proposés. Les collectivités qui déclarent ne pas avoir de projet d’aménagement de transition sont en majorité ceux où l’habitat est à dominante rurale (42%) ou rural (26%).

Manque d’engagement ? Pas seulement. Dans les territoires ruraux, la part de marché des transports publics est faible. Or «durant la crise sanitaire, ce sont les transports en commun qui ont le plus été identifiés comme ne pouvant pas offrir une capacité de transport nominale tout en permettant la distanciation physique sanitaire».

Autre enseignement, 52% des collectivités ont installé des places de stationnement pour vélo à titre exceptionnel. C’est peu. D’autant que le CVTC rappelle l’importance de telles structures. «Le stationnement vélo est un des aménagements essentiels au fonctionnement de cette solution de mobilité : si aux extrémités des itinéraires cyclables il n’y a nulle part où sécuriser son vélo, peu de gens se déplaceront à vélo en prenant le risque d’être victime d’un vol».

Pérennisation pour (presque) tous

D’autres données sont plus encourageantes. A l’avenir, près des trois-quarts des interrogés prévoient de pérenniser leurs aménagements cyclables et piétons de transition, au moins en partie. Et pour cause, ces installations ont l’air de plutôt bien fonctionner à en croire les conclusions de l’enquête. «Pour 84 % des collectivités, les aménagements de transition ont stimulé l’usage du vélo sur leur territoire.»