Les chaudières à gaz, source négligée de NOx

Le 23 octobre 2020 par Romain Loury
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Les chaudières à gaz, 20% des NOx londoniens
Les chaudières à gaz, 20% des NOx londoniens
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Les chaudières à gaz constituent une source sous-estimée d’émissions d’oxydes d’azote (NOx), rappelle l’ONG britannique Energy & Climate Intelligence Unit dans une étude publiée jeudi 22 octobre. Avec un confinement hivernal toujours plus probable, cette pollution pourrait connaître un pic.

Alors que les chaudières à gaz sont minoritaires en France (23% de la population, contre 47% pour l’électricité et 16% pour le fioul), elles prédominent largement au Royaume-Uni. Or si la lutte contre la pollution de l’air, en particulier à Londres, a principalement ciblé le trafic automobile, les actions menées sur cette source de pollution, largement méconnu du public, demeurent rares. Dans une étude publiée jeudi 22 octobre, l’association Energy & Climate Intelligence Unit remet les pendules à l’heure.

Avec un télétravail pratiqué par 32% des Londoniens lors du confinement printanier, les émissions de NOx ont diminué entre 30% et 40% du fait de la raréfaction du trafic, un phénomène observé dans bien d’autres pays. Il pourrait en être autrement en hiver: alors que les Britanniques sont de nouveau encouragés à télétravailler, les chaudières seront plus actives en hiver.

Une hausse de 12% des émissions?

Selon l’association, 20% des émissions des NOx londoniens émanent de chaudières à gaz, dont 12% pour celles à usage domestique. En cas de télétravail large, les émissions pourraient s’élever de 56%. Cela engendrerait une hausse de 12% des émissions totales de NOx, du moins dans le cas, théorique, où le trafic resterait inchangé.

L’hypothèse semble toutefois peu probable, le télétravail favorisant au contraire le maintien du véhicule au repos. Cette importante réserve mise de côté, l’ONG estime que ce surplus de 12% viendrait ainsi annuler deux années de progrès obtenus sur le trafic automobile –les émissions de NOx par le trafic urbaine baisse en moyenne de 5% par an.

En novembre, le gouvernement britannique doit publier une stratégie de décarbonation du chauffage et du bâtiment, en vue de favoriser des modes de consommation plus propres, moins énergivores. «Ces résultats montrent l’importance de dessiner une trajectoire afin que les Britanniques soient au chaud sans brûler des énergies fossiles», conclut l’ONG.