Les animaux sauvages vont disparaître des cirques itinérants

Le 29 septembre 2020 par Stéphanie Senet
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Un pas pour le bien-être des animaux sauvages en captivité
Un pas pour le bien-être des animaux sauvages en captivité

La ministre de la transition écologique a annoncé, ce 29 septembre, plusieurs mesures en faveur du bien-être des animaux sauvages détenus en captivité dans les cirques, delphinariums, zoos et élevages pour la fourrure, qui doivent entrer en vigueur d’ici à 2027.

Lancées au printemps 2019 par le ministre de l’écologie de l’époque François de Rugy, les consultations des professionnels, associations, experts et élus ont finalement abouti, ce 29 septembre, par des mesures en faveur des animaux sauvages détenus en captivité. Attendues depuis 2019, elles sont publiées deux jours avant l’examen, à l’Assemblée Nationale, d’une proposition de loi sur le bien-être des animaux sauvages, déposée par le groupe Ecologie Démocratie Solidarité (EDS), visant les mêmes objectifs (cf encadré).

Déjà en débat à l’Assemblée / Déposée le 25 août à l’Assemblée Nationale, la proposition de loi du groupe EDS vise précisément la fin de l’élevage des animaux pour leur fourrure en 2025, la fin des spectacles avec des animaux non domestiques à la même échéance, et l’interdiction de la détention et de la reproduction des cétacés. Les députés du groupe vont plus loin en proposant d’interdire la chasse à courre. Une mesure déjà prise en Angleterre, Ecosse, Pays-de-Galles, Allemagne et Belgique. Ils comptent aussi mettre fin à l’élevage en cage d’ici à 2030. «Nous assumons d’avoir mis une pression positive sur le gouvernement après 3 ans d’inaction. D’autres annonces devraient suivre, ce week-end, en faveur des animaux d’élevage, par le ministre de l’agriculture», a déclaré le député Matthieu Orphelin.

Fin des élevages de visons en 2025

Première mesure: l’élevage des animaux pour leur fourrure sera interdit en 2025. Ce qui concernera quatre élevages de visons d’Amérique. Aucun nouvel élevage ne sera autorisé d’ici là. «La France comble ainsi un retard important vis-à-vis d’autres pays européens pourtant grands producteurs comme l’Autriche, les Pays-Bas, la Norvège, la Belgique, le Luxembourg, la Slovénie, la Croatie, la République tchèque, la Slovaquie, le Royaume-Uni et la Serbie», a commenté l’association L214.

Espèces interdites dans les cirques itinérants

Dans les cirques ambulants, la détention et la reproduction de certains animaux sera interdite, en raison de l’incompatibilité de leur espèce avec l’itinérance, comme les fauves, singes, ours et loups, et en raison de leurs grands besoins en eau, comme les hippopotames, otaries et éléphants. Aucune échéance n’est toutefois indiquée. La délivrance de nouvelles autorisations est par ailleurs interdite, dès aujourd’hui, pour les spectacles itinérants visant ces espèces.

Fin programmée des spectacles avec orques et dauphins

Dans les delphinariums (il en reste trois en France), la détention d’orques à des fins de spectacles sera interdite d’ici à 2022. Elle restera autorisée dans les sanctuaires sans spectacles. La détention de dauphins aux fins de spectacles sera prohibée quant à elle cinq ans plus tard, en 2027 (sauf sanctuaire). Une enveloppe de 8 millions d’euros est débloquée pour accompagner les personnels des cirques et des delphinariums. Les animaux ne seront pas remis en liberté mais devraient être placés dans des "sanctuaires".

Le gouvernement annonce aussi, une nouvelle fois, la fin de la reproduction des cétacés en captivité. Un arrêté avait prohibé celle des grands dauphins, en 2017, mais le texte avait été annulé par le Conseil d’Etat en février 2018 pour défaut de consultation. Tout comme la délivrance d’autorisations de nouveaux établissements proposant des spectacles avec des cétacés et l’introduction de nouveaux individus dans des spectacles existants.

Détention encadrée dans les zoos

Enfin, les zoos ne sont visés que par de nouvelles normes de détention pour certaines espèces comme les ours polaires (nouvelles conditions de température et d’exposition au soleil) et de normes pendant les spectacles (interdiction pour le public de toucher les animaux). Mais les spectacles restent donc autorisés.

«Notre époque a changé. Elle est celle d’un rapport nouveau à l’animal sauvage. Bien plus qu’une menace ou qu’une proie, il est désormais avant tout un être à préserver et à respecter dans son intégrité», a déclaré Barbara Pompili lors d’une conférence de presse.