Le vol freine l’essor du vélo

Le 10 septembre 2020 par Victor Miget
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Plus d’un tiers des cyclistes se sont déjà fait voler leur bicyclette.
Plus d’un tiers des cyclistes se sont déjà fait voler leur bicyclette.

Selon une étude de 6T, la peur du vol et le manque de stationnements sécurisés freinent l’essor du vélo.

 

C’est la star du déconfinement. La bicyclette a été largement soutenue par les politiques publiques afin d’éviter un report modale vers la voiture individuelle. Dernière traduction de ce soutien indéfectible à la petite reine ? Le plan de relance qui a triplé l’enveloppe qui lui était allouée pour les deux années à venir, avec 200 millions d’euros. Une partie de cette manne devrait être utilisée pour financer la création des stationnements sécurisés.

Trop de vols…

En effet, vol et manque de stationnements sécurisés mettent des bâtons dans les roues des cyclistes. C’est ce qui ressort d’un sondage du bureau de recherche 6T publiée jeudi 3 septembre. La synthèse s’appuie sur plus de 4.000 réponses à un questionnaire en ligne diffusé du 4 au 20 juin auprès d’un échantillon représentatif de la population des grandes villes de plus de 200.000 habitants. 

Premier enseignement : plus d’un tiers des cyclistes se sont déjà fait voler leur bicyclette au moins une fois. Suite à l’incident, 8% d’entre eux ont purement et simplement arrêtés de pratiquer le vélo. 46% des cyclistes déclarent qu’ils renoncent à prendre leur bicyclette par crainte du vol. Cette proportion atteint 60% chez ceux en ayant déjà été victimes. La raison de la peur ? Le fait de devoir le laisser dehors toute une nuit pour 81% d’entre eux.

... pas assez de stationnements

 

Et ça ne s’arrête pas là. 77 % des personnes non équipées indiquent ne pas avoir l’intention d’acquérir un cycle. Une personne sur cinq cite comme raison principale : l’absence de stationnement à domicile. Quand 14 % craignent le vol.

Voilà qui devrait mettre la puce à l’oreille des collectivités. Si lesdits stationnements sécurisés existaient dans l’espace public, 10 % des personnes ne possédant pas de vélo se disent prêtent à monter en selle. 4 % ressortiraient même leur vieux vélo pour le faire réparer. Selon 6t, «rapporté à la population des grandes agglomérations françaises, cela représente près d’un million de vélos supplémentaires». A méditer.