Le transport maritime des animaux d’élevage est hors de contrôle

Le 17 juin 2020 par Stéphanie Senet
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Un bovin échoué sur une plage israélienne en avril
Un bovin échoué sur une plage israélienne en avril

Alors que Bruxelles reconnaît les manquements au respect du bien-être animal lors des exportations d’animaux hors UE, par voie maritime, des ONG réclament leur interdiction et la suspension des transports en cas de fortes températures.

Les découvertes macabres se sont multipliées au cours des derniers mois. En mai, les douaniers espagnols ont  trouvé des dizaines de cadavres et des milliers de bovins affamés à bord de deux navires provenant d’Amérique du Sud. En avril, neuf carcasses de bovins[1] ont été retrouvés échoués sur une plage israélienne et trois à Majorque.

Sous réglementation européenne

Peu réglementé, le transport maritime de longue distance génère souvent des blessures liées à la surpopulation des animaux dans des cales ou des camions chargés à bord, une déshydratation, une malnutrition ainsi qu’une absence de soins vétérinaires. Des conséquences dénoncées à maintes reprises dans l’Union européenne, notamment par la cour des comptes en 2018, sans qu’émerge une réforme. Selon un arrêt de la Cour de justice européenne de 2015, la réglementation européenne sur la protection animale s’applique pourtant jusqu’au port d’arrivée hors UE.

Faux documents et canicule

Dans un rapport publié en mai, la Commission européenne reconnaît «les faiblesses des systèmes mis en place par les Etats membres pour protéger le bien-être des animaux d’élevage au cours de leur transport de l’UE vers des pays tiers». Selon cet opus, les autorités compétentes sur le lieu de départ autorisent trop souvent le transport des animaux «sur la foi de documents incomplets ou incorrects» et «sans tenir compte des conditions météorologiques au cours du trajet ou au port de sortie de l’UE».

Chaque année, 3 millions de bovins et ovins sont transportés vivants de l’UE vers des pays tiers, par la mer. Des trajets qui peuvent durer de 5 à 12 jours. Or, plus le transport est long et plus grand est le risques de blessures et de malnutrition.

Pour une interdiction des exportations

La stratégie européenne Farm to fork annonce une révision du règlement encadrant les transports d’animaux vivants sans fixer, encore, d’objectif précis. Dans un courrier commun envoyé le 8 juin au ministre de l’agriculture, le CIWF, la LFDA, Welfarm, la Fondation Brigitte Bardot et L214 demandent, a minima, l’interdiction des importations hors UE et la suspension des transports et des départs dès que la température extérieure dépasse 30°C. Une suspension qui a déjà été actée par le gouvernement néerlandais.

 

 

 



[1] Provenant du Portugal