Le télétravail pas si bon que ça pour l’environnement

Le 01 octobre 2020 par Victor Miget
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Pour les entreprises l‘accroissement du nombre de jours télétravaillés peut diminuer la surface de bureaux et les consommations énergétiques associée.
Pour les entreprises l‘accroissement du nombre de jours télétravaillés peut diminuer la surface de bureaux et les consommations énergétiques associée.
DR

Une étude de l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) révèle que les bienfaits environnementaux du télétravail pourraient être compensés par quelques effets rebonds.

 

Désormais consacré, le télétravail est (presque) bon pour le climat. L’Ademe a  enquêté auprès de 26 organisations représentants 350.000 salariés. Les résultats révèlent qu'un jour de télétravail réduit de 69% le volume des déplacements journaliers. L’agence chiffre le bénéfice écologique à 271 kg équivalent CO2 annuels pour un jour de télétravail hebdomadaire.

Nouveaux risques en embuscade

Le télétravail : solution miracle ? Pas si vite. Si dans l’ensemble le bilan est favorable, les chercheurs notent quelques effets rebonds indésirables. L’agence pointe les changements d'utilisation du véhicule pour des trajets personnels et de nouveaux déplacements quotidiens (médecin etc.). Autres problématique : les envies de changer d’air des télétravailleurs. Ces derniers s’éloignent de leur lieu de travail de travail, parfois change de région, et rallongent leur temps de trajet.

Si pour les entreprises l‘accroissement du nombre de jours télétravaillés peut diminuer la surface de bureaux et les consommations énergétiques associées (éclairage, internet, achats de fourniture, flex office), il occassionne en revanche de nouvelles dépenses chez les particuliers. «La plupart des études supposent que la consommation d’énergie au domicile pendant la journée de télétravail augmente mécaniquement : chauffage, climatisation, éclairage, Internet, équipements branchés, préparation du repas (électricité, gaz, fuel)», note l’Ademe. Une hausse estimée à 20,7 kg équivalents de CO2 par an par jour de télétravail hebdomadaire.

Viennent ensuite le problème de la démocratisation des visioconférences. Les serveurs nécessaires aux services de visioconférence consomment de l’énergie et donc génèrent des gaz à effet de serre. Le bilan carbone d’une minute de visioconférence est estimé à 1 g de CO2. Soit +2,6 kg équivalents de CO2 par an pour un jour de télétravail hebdomadaire. La somme de tous ces effets rebonds n’est pas négligeable : 67,7 kg eqCO2/an, par jour de télétravail hebdomadaire.

Peut-être pire

L’Ademe relève d’autres effets difficiles à quantifier. «Le télétravail peut permettre d’installer de nouveaux schémas de repos et de loisirs», suppose l’agence. Il peut notamment augmenter l’attractivité des séjours courts dans une résidence secondaire, des week-ends en famille, etc. C’est aussi la question du doublement de l’équipement informatique si le matériel n’est pas transporté entre le domicile et le bureau.  

Autre risque : «Le télétravail génère des gains de pouvoir d’achat (par exemple grâce à des économies de carburant), qui peuvent être réalloués vers des dépenses carbonées ou polluantes».