Le steak de colza, nouvelle alternative à la viande

Le 20 juillet 2020 par Stéphanie Senet
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Bientôt des protéines de colza dans nos assiettes
Bientôt des protéines de colza dans nos assiettes

Le groupe Avril se lance dans la production de protéines de colza pour l’alimentation humaine, en collaboration avec l’entreprise néerlandaise Royal DSM, selon un communiqué diffusé le 15 juillet.

Après le soja et la pomme de terre, voici le steak au colza. Le projet commun d’Avril et du fabricant de vitamines DSM vise à extraire des protéines de colza pour la consommation humaine. Créée pour l’occasion, la société Olatein –dont le capital est détenu à 25% par le groupe français Avril et à 75% par DSM- s’appuiera sur un site de production basé à Dieppe.

Fabrication de tourteaux

Selon le communiqué, le groupe Avril investira sur la partie amont (trituration d’oléagineux et achat de graines) et fournir à Olatein la matière première destinée à l’extraction. Soit des tourteaux gras non OGM issus de la trituration effectuée sur l’ancien site de production d’huile de colza de Saipol (filiale du groupe Avril), qui avait été fermé suite à une explosion en 2017. Les travaux viennent d’être lancés, pour une mise en service prévue en 2022. De son côté, la société néerlandaise se chargera de sa commercialisation.

Souveraineté en protéines

«Ce partenariat avec DSM s’inscrit dans la stratégie de conquête de nouveaux marchés pour Avril, avec la volonté de structurer une nouvelle filière de graines à haute teneur protéinique et réduire la dépendance de la France et de l’Europe en protéines», affirme Jean-Philippe Puig, directeur général du groupe Avril. Un écho au président Macron qui avait déclaré, en août 2019 au G7 de Biarritz de  que l’Europe devait viser la souveraineté protéinique.

La société Olatein produira des protéines CanolaPROTM pour «fournir aux consommateurs du monde entier des alternatives de viande et de produits laitiers en accord avec les tendances du marché», a déclaré Patrick Niels, président de DSM Food Specialties. Selon le cabinet d’études Xerfi, le marché mondial des protéines végétales devrait atteindre près de 11 milliards d’euros en 2020.

Atouts nutritionnels et climatiques

De son côté, le ministère de l’agriculture ne cesse de reporter la sortie de sa stratégie nationale sur les protéines végétales, qui disposent pourtant de nombreux atouts nutritionnels et climatiques. La France est en effet une grande importatrice de tourteaux de soja destinés à l’alimentation animale. Cette stratégie est désormais prévue à l’automne 2020 et devrait aussi viser la consommation humaine. Actuellement, la France connaît un déficit de protéines végétales à hauteur de 37% selon Gilles Trystram, directeur général d’AgroParisTech.