Le RER à l’assaut des métropoles

Le 12 octobre 2020 par Victor Miget
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Les RER vont sortir de l'Île-de-France.
Les RER vont sortir de l'Île-de-France.

SNCF Réseau dresse le cahier des charges des futurs RER régionaux, appelés à relier les métropoles à leur hinterland.

 

Pour doubler la part modale du ferroviaire près des grands pôles urbains d’ici 2030, le RER métropolitains aura son rôle à jouer. Dans le «schéma directeur» qu’elle a remis, le 9 octobre au ministre chargé des transports, SNCF Réseau s’est penché sur les «services express métropolitains» (SEM). «Notre ambition est que ce document serve de point de départ et soit une contribution de SNCF Réseau à ce qui se jouera dans les territoires, et certainement d'une manière très différente d'un territoire à l'autre», a indiqué Matthieu Chabanel, directeur général délégué de SNCF Réseau.

Objectif attractivité

L’étude stipule que ces trains de proximité devront rouler fréquemment : une fréquence d’une rame toutes les demi-heures est préconisée, voire tous les quarts d'heure aux heures de pointe. Le document invite aussi à rénover et à articuler ce nouveau service avec d’autres modes de transports. Est évoqué un éventuel billet commun, comme cela se pratique en Île-de-France. L’autre axe majeur consiste à faire correspondre certaines liaisons sans que leur terminus soit obligatoirement une gare centrale. En langage SNCF, on appelle cela : «diamétraliser».

«Les métropoles à fort potentiel sont celles qui connaissent les plus forts enjeux en termes de population et de croissance démographique, de dynamique de création d'emplois et de flux des déplacements pendulaires», développe l’entreprise publique. Sont citées Aix-Marseille, Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Nantes, Nice/Côte d’Azur, Rennes, Strasbourg et Toulouse, mais aussi des zones transfrontalières comme Nancy-Metz-Luxembourg, ou Bâle-Mulhouse.

Certaines métropoles développent déjà leur projet comme Bordeaux, Strasbourg, Marseille, Nice et Grenoble. A Strasbourg, le programme prévoit un RER qui reliera les 13 gares de l'Eurométropole. Première étape : augmenter de 50% le nombre de desserte sur le réseau d’ici à 2022. Passée cette échéance, certaines gares seront modernisées.

Quid du financement ?

Autant de projets vont exiger «un immense effort» prévient SNCF Réseau. Et pour cause, tout est à faire. D’après l’entreprise publique, les agglomérations ne peuvent accueillir de SEM. Dans un premier temps, les collectivités devront déterminer leurs besoins. Un prérequis pour développer ensuite une stratégie d’investissement.

A titre d’exemple, le coût du futur RER bordelais, qui comptera 5 lignes à termes, est estimé à 1,8 milliard d’euros. Avant tout, Jean-Baptiste Djebbari a annoncé qu’une enveloppe de 30 millions d’euros du plan de relance avait été débloquée pour la réalisation d’études. «Nous voulons vraiment raccourcir le temps et permettre d’engager la phase concrète de travaux après la définition des besoins», a-t-il justifié à l’AFP. Les travaux pourraient démarrer dès 2023-2024.