Le Printemps écologique éclot en octobre

Le 07 octobre 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Maxime Blondeau, le porte-parole du Printemps écologique.
Maxime Blondeau, le porte-parole du Printemps écologique.
VLDT

L'écosyndicat se lance dans le grand bain de la défense conjuguée des intérêts des salariés et de la planète. Avec les élections professionnelles de 2022-23 en ligne de mire.

Depuis 1917, on le sait: les révolutions éclatent en octobre. Le 8 octobre, le Printemps écologique fait éclater sa première bombe. Le syndicat écologique publie un appel national, soutenu par de nombreuses ONG, dont France Nature Environnement (FNE), HOP ou la Fresque du climat.

Dans son texte, l’éco-syndicat rappelle à ceux qui l’auraient oublié que le syndicat est la organisation à pouvoir négocier avec l’entreprise et signer des accords collectifs contraignants. «Or, 70% des salariés veulent en faire plus pour la transition écologique au travail, sans savoir comment faire. Le syndicat est une solution pour créer du droit et faire avancer la cause de l’écologie au travail», résume Maxime Blondeau, son porte-parole.

décroissance sélective

Cette cause fera grincer des dents. Car la vision des créateurs du Printemps écologique n’est pas véritablement mainstream dans le milieu syndical français. «Nous prônons la décroissance sélective», confirme le professeur à Science Po Paris. En clair, il faudra progressivement arrêter l’activité des filières nuisibles à la planète. «Ce qui nous oblige à penser en amont l’accompagnement des salariés les plus vulnérables», poursuit-il. Et accessoirement à faire œuvre de pédagogie.

grand soir vert

En attendant le grand soir vert, l’écosyndicat doit se faire sa niche. Priorité à la création de syndicats professionnels et au recrutement d’adhérents. Objectif : pouvoir inviter une centaine de membres au congrès constitutif qui pourrait se tenir durant le premier trimestre 2021. «Ce sera l’occasion de définir le socle commun de nos revendications et de nos modes d’action», reprend Maxime Blondeau. A la fin de 2022, le Printemps écologique espère avoir séduit une trentaine de milliers d’adhérents: 30 fois plus qu’aujourd’hui.

Les bataillons d’écosyndicalistes seront alors fins prêts pour participer à la grande vague d’élections professionnelles qui déferlera sur les grandes entreprises et la fonction publique entre 2022 et 2023. Une menace pour les organisations syndicales traditionnelles ? Pas forcément.

professions intermédiaires

Le Printemps écologique vise surtout les employés et les professions intermédiaires qui représentent le très gros du salariat français (60%) mais restent très faiblement encartés. Cette majorité silencieuse présente aussi l’intérêt d’être aussi bien urbaine que rurale. Or, les syndicats traditionnels ont leurs racines et leurs troupes en ville mais pas à la campagne.

Porté par des trentenaires, le Printemps écologique est un syndicat jeune, «mais en aucun cas une start-up syndicale. Nous tentons de construire pour le long terme. Car, les défis que nous devons relever sont là pour longtemps.»