Le «monde d’après», concept plutôt bien partagé

Le 09 juillet 2020 par Romain Loury
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L'agroécologie, pilier du "monde d'après"
L'agroécologie, pilier du "monde d'après"
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En écho à la crise climatique et environnementale, dont elle est la conséquence, l’épidémie mondiale de Covid-19 suscite de nombreuses interrogations quant à un éventuel «après». Selon un rapport publié mercredi 8 juillet par France Stratégie, faisant la synthèse de 448 contributions du public, les mesures à mettre en œuvre font souvent l’objet d’un large consensus.

Du 1er avril au 31 mai, France Stratégie a lancé sur son site internet un espace contributif, afin d’interroger le public sur les actions à mettre en œuvre en vue du «monde d’après». Certes, les 448 contributeurs ne sont pas forcément représentatifs de la société française –ils comptent notamment des chefs d’entreprise, des chercheurs, des élus locaux, des représentants d’associations, d’organisations syndicales ou patronales-, mais l’analyse de leurs idées révèle d’intéressantes convergences.

Parmi elles, France Stratégie évoque pêle-mêle la valorisation de la proximité, une transformation sociale centrée sur la transition écologique, la reprise en main démocratique de l’économie locale et des technologies, l’accent mis sur la résilience plutôt que sur l’efficience, ou encore l’importance de l’Europe.

Croissance verte ou sobriété?

Si les objectifs sont largement partagés, les moyens d’y parvenir le sont moins. Par exemple sur la réduction de notre empreinte écologique: par la croissance verte, ou via la sobriété? De même, un dissensus apparaît sur la place de l’Etat, que certains souhaitent davantage interventionniste, tandis  que d’autres le préfèrent facilitateur.

La place des technologies, dont la 5G nous offre un bel exemple actuel, fait aussi débat: «doit-on les voir d’abord comme des outils au service des transitions et de l’émancipation ou s’agit-il plus souvent d’une forme de ‘verrou’ qui empêche la transition de s’opérer?», s’interroge France Stratégie.

Quant à la rénovation de la démocratie, prônée de manière unanime, certains souhaitent accorder plus de place aux délibérations de conventions citoyennes, sur le même modèle que celle mise en place pour le climat, tandis que d’autres leur préfèrent le référendum. Autre désaccord, l’échelle à laquelle devra se construire le monde d’après: localement, en France ou en Europe?

L’agroécologie fait consensus

Sur les 448 réponses reçues, 108 avaient directement trait au thème «Humain et nature». Si la plupart pointent la nécessité de relocaliser notre système alimentaire et d’en accélérer la transition écologique, la question de la souveraineté alimentaire n’est pas forcément comprise de la même manière: pour certains elle se joue au niveau local, pour d’autres au niveau européen.

Parmi les idées proposées afin d’accélérer la transition vers l’agroécologie, plusieurs contributeurs proposent de «supprimer les dettes des agriculteurs sous condition qu’ils transforment leurs pratiques». D’autres évoquent la création d’un «revenu de transition écologique destiné à des personnes physiques, en contrepartie d’activités orientées vers l’écologie et le lien social (par exemple l’agroécologie, la permaculture, l’artisanat, la low tech, etc)».