Le ministère de l’agriculture maintient son budget mais perd des emplois

Le 28 septembre 2020 par Stéphanie Senet
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Equation difficile pour le nouveau nouveau ministre de l'agriculture, Julien Denormandie, qui doit accélérer la transition agro-écologique avec des moyens réduits
Equation difficile pour le nouveau nouveau ministre de l'agriculture, Julien Denormandie, qui doit accélérer la transition agro-écologique avec des moyens réduits

Le ministère de l’agriculture bénéficiera, en 2021, d’un budget de 4,8 milliards d’euros mais devra réaliser 375 suppressions de postes, opérateurs compris, selon le projet de loi de finances présenté ce 28 septembre en conseil des ministres.

Trois priorités sont accolées au budget du ministère de l’agriculture et de l’alimentation, selon le cabinet, qui disposera de 4,8 Md€ en autorisations d’engagement et 4,8 Md€ en crédits de paiement, exactement comme l’an dernier. Au programme pour 2021: «le renforcement de la souveraineté alimentaire, l’accompagnement de la transition agro-écologique et l’adaptation de l’agriculture et de la forêt au changement climatique». Des objectifs déjà fléchés dans le cadre du plan de relance agricole présenté le 3 septembre, qui bénéficie d’une enveloppe ad hoc d’1,2 milliard d’euros pour 2021 et 2022. Des financements européens, dans le cadre de la PAC, sont par ailleurs prévus à hauteur de 9,5 Md€.

460 M€ seulement pour la transition agro-écologique

L’an prochain, les mesures agro-environnementales et climatiques, aides à la conversion au bio et soutiens d’investissements dans les exploitations seront soutenus à hauteur de 460 M€ (en autorisations d’engagement et crédits de paiement). Une enveloppe qui doit accompagner la mise en œuvre de deux objectifs nationaux, sans garantir qu’ils soient atteints : 15% de la SAU en bio en 2022 (contre 8,5% aujourd’hui) et 20% de produits bio dans les cantines scolaires à la même échéance. Par ailleurs, le crédit d’impôt est prorogé pour les agriculteurs bio tandis qu’un nouveau crédit d’impôt a été annoncé pour les agriculteurs certifiés HVE[1] dans le cadre du plan de relance.

Largement insuffisant, selon le groupe parlementaire Ecologie, Démocratie, Solidarité (EDS). «Les financements destinés à accélérer la transition agricole ne permettront pas d’enclencher de véritables transformations des pratiques dans notre ruralité à l’heure où l’on ré-autorise les néonicotinoïdes», affirme-t-il dans un communiqué».

En hausse de 5% par rapport à l’an dernier, l’enveloppe dédiée à la sécurité sanitaire des aliments, à la protection animale et à la santé des végétaux s’élèvera à 1,2 Md€.

Agriculteurs : opération séduction

L’enseignement agricole technique bénéficie d’une enveloppe en très légère hausse de 14 M€ par rapport à l’an dernier. Un axe fort sera mis sur la communication, pour attirer les jeunes vers les métiers du vivant, alors qu’un petit tassement a été observé en 2020 selon le ministère de l’agriculture.

375 postes supprimés

Côté emploi, le ministère de l’agriculture devra supprimer 375 postes en 2021, opérateurs compris. Soit une perte de 1,2% par rapport à 2020. Julien Denormandie avait pourtant présenté le plan de relance en affirmant qu’il «conserverait non seulement les emplois d’aujourd’hui mais créerait les emplois de demain». Il ne parlait pas donc pas de son ministère ni des établissements publics sous sa tutelle.

Budget en hausse pour l’eau et la biodiversité / Une fois n’est pas coutume, la protection de l’eau et de la biodiversité voient leur budget augmenter pour atteindre 31 M€ pour 2021, dont 11 M€ pour les aires protégées, 6 M€ pour l’OFB, 7 M€ pour les missions d’intérêt général de l’ONF, 4 M€ pour le bien-être animal, 2 M€ pour le domaine public fluvial non navigable et 1 M€ pour le domaine public maritime. A noter que le budget des agences de l’eau est annoncé comme stable à 2,3 Md€.

 



[1] Haute valeur environnementale