Le Japon opte aussi pour la neutralité carbone

Le 26 octobre 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'accident de Fukushima a stoppé la production électronucléaire japonaise.
L'accident de Fukushima a stoppé la production électronucléaire japonaise.
© IRSN - Recoquillé-Bression

Un coup de pouce pour l’atome nippon?

Et de trois ! Après l’Union européenne et la Chine, au tour du Japon de viser la neutralité carbone. Ce lundi 26 octobre, en prononçant son premier discours, le nouveau premier ministre nippon n’a pas déçu.

Yoshihide Suga a donné jusqu’en 2050 à la troisième économie du monde pour équilibrer émissions et absorption de gaz à effet de serre. Avec cet engagement, qui complète ceux de l’Union européenne et de la Chine (pour 2060), les pays à l’origine de 42% du CO2 anthropique s’engagent vers la neutralité carbone. Cet objectif s’annonce particulièrement difficile à atteindre pour le Japon.

Après l’accident de Fukushima, en 2011, les électriciens de l’archipel ont pratiquement cessé de produire de l’électricité à partir du nucléaire jugé trop vulnérable.

9 réacteurs en service

Depuis, les 140 centrales au charbon tournent à plein régime. Ces dernières fournissent un tiers du courant nippon, contre 38% pour les centrales à gaz. En 2017, 87% de l’énergie primaire japonaise étaient issues des énergies fossiles, contre 81% avant la catastrophe nucléaire.

L’annonce gouvernementale devrait accélérer les politiques en cours. Publiée en 2018, la dernière stratégie énergétique vise, pour 2030, les 24% d’énergie primaire par des modes de production renouvelable. Très insuffisant, au vu des nouveaux objectifs. Cela pourrait redonner un coup de pouce à l’énergie nucléaire. Sur les 34 réacteurs nucléaires en mesure de fonctionner, 9 produisent de l’électricité et 18 pourraient redémarrer prochainement.