Le Grand Lyon va créer sa régie publique de l’eau

Le 22 octobre 2020 par Stéphanie Senet
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La métropole de Lyon quitte Veolia pour créer sa régie
La métropole de Lyon quitte Veolia pour créer sa régie

La métropole du Grand Lyon veut créer une régie publique de l’eau opérationnelle en 2023, à la fin de son contrat avec Veolia.

Le nouveau président de l’agglomération lyonnaise, Bruno Bernard (EELV) en a fait l’une des dix priorités de son mandat. «L’eau est un bien commun et je souhaite que cette ressource, devenue rare dans certains pays, soit aujourd’hui mieux préservée et accessible à tous. Il est nécessaire que ce service pour les habitants soit aujourd’hui plus abordable, en imaginant une tarification sociale et progressive», a-t-il déclaré dans un communiqué.

Ce n’est pas une surprise. Les écologistes lyonnais réclament une régie depuis de nombreuses années pour la production et la distribution d’eau potable destinée aux 1,4 million d’habitants. Ils profitent de l’occasion qui se présente à eux avec l’arrivée à échéance du contrat passé avec Veolia au 31 décembre 2022.

Une tarification sociale

La mise en place d’une tarification sociale et progressive (tarifs oscillant selon la consommation), avec les premiers mètres cubes gratuits pour les plus précaires, a été permise par la loi Brottes entrée en vigueur le 16 avril 2013. Ce dispositif a été mis en place pour la première fois à Libourne en octobre 2010. Il a permis de réduire de 10% la consommation annuelle d’eau de l’agglomération selon la Confédération générale du logement.

114 puits de captage

La municipalisation du service de l’eau potable rendra à la métropole la maîtrise directe des équipements et infrastructures sur son territoire, dont les 114 puits de Crépieux-Chermy situés dans une zone classée Natura 2000, qui fournissent 95% de la consommation en eau potable, ainsi que les 4.000 kilomètres de réseau de canalisations.

660 M

Pour Veolia, la perte de ce contrat n’a rien de symbolique. Conclu en 2014, le précédent contrat a généré un chiffre d’affaires de 660 millions d’euros, sans compter les 55 millions de travaux réalisés par le numéro un mondial des services aux collectivités.

A suivre ?

Dans le secteur de l’eau, le retour à une régie a le vent en poupe en France. De grandes agglomérations ont fait ce choix comme Paris, Montpellier, Nice, Rennes et Grenoble, mais aussi de nombreuses petites villes. La régie touche aujourd’hui 40% des usagers contre 28% il y a quinze ans, selon la fédération France Eau Publique (FEP). Une série qui pourrait se poursuivre dans les villes d’Annecy, Bordeaux, Poitiers, Nice, Strasbourg et Besançon, emportées par les écologistes aux dernières élections municipales.