Le gouvernement veut faire aimer l’éolien terrestre

Le 09 décembre 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La France peine à tenir ses engagments éoliens.
La France peine à tenir ses engagments éoliens.
Enel

Le ministère de la transition écologique publie une batterie de mesures visant à améliorer l'acceptabilité de l'éolien terrestre.

Voilà des décennies que cela dure, mais rien n’y fait. En France, le déploiement de l’éolien se heurte à une hostilité sans faille. Efficace, la guérilla menée par une myriade d’associations locales ralentit considérablement le rythme d’installation des turbines. En moyenne, il faut environ 5 à 6 ans pour réaliser un parc dans l’Hexagone, contre 2 à 3 ans en Allemagne. Ces entraves expliquent, en partie, pourquoi la France n’a pas atteint les objectifs en matière d’énergies renouvelables, fixée par la Commission européenne pour 2020. Trois années avec la première échéance fixée par la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), la France n’a réalisé que 70% de son objectif, rappelle la dernière édition du Panorama des énergies renouvelables.

démantèlement

Souhaitant accélérer le rythme, le gouvernement a publié, dans la soirée du 8 décembre, une batterie de mesures pour favoriser l’acceptation des aérogénérateurs. En commençant par leur … démantèlement. A partir du 1er juillet 2022, «au minimum 90% de la masse totale des éoliennes démantelées devra être réutilisée ou recyclée», indique une note du ministère de la transition écologique. Après le 1er janvier 2024, «95% de la masse totale des éoliennes, tout ou partie des fondations incluses, devra être réutilisable ou recyclables.» Impressionnant. Sauf que cela n’est pas tout à fait nouveau. Il s’agit là des mesures fixées par l’arrêté du 22 juin dernier.

Le 8e parc éolien marin est annoncé
Le week-end, c’est plus calme. Les ministères de la mer et de la transition écologique ont annoncé, le 5 décembre, le lancement prochain de la procédure de mise en concurrence du prochain parc éolien marin. D’une capacité de 1.000 MWe, le 8e parc marin tricolore se situera à une quarantaine de kilomètres au large de Barfleur (50), selon une carte publiée par le Journal officiel.

L’Etat confirme qu’il élabore une charte avec la filière éolienne. Signé au niveau national, elle pourra être adapté localement. Point clé: les développeurs devront transmettre aux édiles des communes concernées (site d’implantation et villes limitrophes) le résumé non technique de l’étude d’impact, un mois avant le dépôt de la demande d’autorisation environnementale. Une disposition prévue par l’article 25 de la loi Asap, promulguée le 7 décembre.

prix de l'immobilier

L’Ademe devra réaliser une analyse de l’évolution du prix de l’immobilier voisin des parcs éoliens en service. Le bras séculier du ministère consacrera 5 millions d’euros, sur trois ans, pour financer un réseau de conseillers techniques. Ces derniers devront «aider les collectivités locales à développer ou à s’impliquer dans un projet éolien ou photovoltaïque.»

loi asap

A ce propos, la loi Asap étend à sept ans la durée des avances que les collectivités peuvent consentir aux producteurs d’énergie renouvelable dont elles sont actionnaires. Le texte évite de mettre en concurrence les projets éoliens ou photovoltaïques qui bénéficient d’un coup de pouce public obtenu au terme de la procédure de mise en concurrence prévue par le code de l’énergie. Cette nouveauté permet de ne lancer qu’une procédure de mise en concurrence, contre deux auparavant.

Pour éviter la concentration des parcs dans certaines zones, les préfets de région «détermineront, en lien avec les Régions et en y associant les communes et intercommunalités, une cartographie des zones propices au développement éolien.» Un zonage qui ressemble étrangement aux zones de développement de l’éolien, créées par la loi Grenelle 2 et supprimées par la loi Brottes du 15 mars 2013.

Last but not least, le gouvernement prévoit que les discussions entre professionnels et le ministère de la défense sur les contraintes imposées à l’éolien par la sécurité aérienne aboutissent, plusieurs années après avoir été engagées. D’ici le mois de mars prochain, une mission commune des ministères de la transition et des armées «devra identifier des solutions techniques permettant de libérer des espaces dans les zones d’exclusion radar les plus favorables à l’implantation des éoliennes.» Entre 2021 et 2025, le déclassement de balises de radionavigation devrait permettre de libérer jusqu’à 18.000 km2 de territoires, jusqu’alors interdits à l’éolien.