Ultime rallonge pour le Coup de pouce vélo

Le 30 novembre 2020 par Victor Miget
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La mort programmée du coup de pouce vélo est fixée au 31 mars 2020.
La mort programmée du coup de pouce vélo est fixée au 31 mars 2020.

Le gouvernement a annoncé, le 30 novembre, la prolongation de 3 mois du  «Coup de Pouce vélo».

 

Pour répondre à la croissance rapide des demandes de réparations de bicyclette le Gouvernement avait débloqué 8 millions d’euros pour créer des académie de formation aux métiers du vélo. Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, visitait l’une d’elle ce lundi 30 novembre, à Paris. L’occasion de sceller l’avenir du Coup de pouce vélo.

Sursis

Le dispositif sera prolongé jusqu’au 31 mars 2021, date de son arrêt définitif. «C’est un dispositif qui a vocation à s’arrêter car il avait un objectif qui était que chacun reprenne son vélo qui était dans sa cave et le fasse réparer. Néanmoins, pour que cela ne s’arrête pas trop brutalement, nous avons décidé de le prolonger pour l’acheminer […] vers le second déconfinement et que les réparateurs soient prêt à passer le cap», a justifié Barbara Pompili, au micro d’Europe 1.

Financement. A priori, le coup de pouce vélo ne sera plus financé par les CEE. Cela fait suite à un désaccord entre Bercy et le ministère de la Transition écologique. D'autres modes de financement sont à l'étude pour les trois prochains mois. 

Efficace, ce dispositif mis en place au sortir du premier confinement, afin d’éviter un report massif sur l’automobile, a permis de réparer un million de bicyclettes. Le coup de pouce propose des bons de réparation d’un montant pouvant atteindre 50 euros pour la remise en état d’une bicyclette. Victime de son succès, l’opération avait même été dotée de 20 M€ supplémentaires mi-septembre. Au total, 60 M€, financés par les certificats d’économie d’énergie (CEE), ont été consacrés à ce programme. Les associations de promotion de la petite reine et diverses ONG environnementales n’ont été que partiellement entendues. Elles avaient publié une tribune, mardi 24 novembre pour la reconduction du coup de pouce pour 2021. 

Et après ? 

Reste à savoir quelle forme prendra le coup de pouce après mars 2021. Disparition totale où nouvelle mouture? Olivier Schneider, président de la Fédération des Usagers de la Bicyclette (FUB), préfère voir le verre à moitié plein: «il n'est pas souhaitable de prolonger indéfiniment le dispositif dans sa forme initiale [...], les collectivités devront prendre le relais, avec des règles qui leur sont propres». Selon lui, il aurait été préférable d'attendre les élections régionales et départementales, en 2021, le temps que les nouvelles équipes se saisissent du sujet. 

Pour Pierre Serne, conseiller régional d'Ile-de-France et président du Club des villes et territoires cyclables, cette prise en charge par les collectivités n'est pas souhaitable. «Nous avons trois mois en plus, mais je pense que cela durera plus longtemps. Il serait dommage d'arrêter alors que le dispositif fonctionne. Mais le pire, serait de conditionner le coup de pouce vélo à ce que ferait les collectivités ici ou là. Toutes n'ont pas les même capacités d'investissement, il y aurait donc des disparités entre les territoires», si les collectivités devaient prendre à charge le coup de pouce vélo. Il ajoute que les quelques millions du coup de pouce «ne sont pas des sommes impossibles à réunir pour l'Etat». Rien n'est moins sûr pour des collectivités. 

Pour 100M€ de plus

Les signataires de la tribune avaient également demandé à l’Etat de sécuriser le financement de la pérennisation des aménagements provisoires (coronapistes), en abondant 100 M€ supplémentaires dès 2021, aux 350 M€ du Plan Vélo et aux 200 M€ sur deux ans prévus par le Plan de relance. 

Barbara Pompili n’a pas accédé à cette requête lors de cette réunion, «mais le sujet n'est pas enterré pour autant», assure Olivier Schneider. De l'avis de Pierre Serne, et alors que de nombreuses collectivités envisage de pérenniser leurs coronapistes : «Elles (les collectivités NDLR) sont de plus en plus nombreuses à vouloir pérenniser leurs infrastructures, il sera de toute façon nécessaire de rallonger l'enveloppe». Question de volonté politique à l'horizon ? 

La ministre a néanmoins lancé un autre programme baptisé «Objectif employeurs pro-vélo». Un programme à 30 M€ qui vise «à soutenir les employeurs publics et privés dans leur démarche de développement de l’usage du vélo pour les trajets domicile-travail», développe le communiqué du ministère. Le programme ambitionne de créer 20.000 nouvelles places de stationnement vélo sécurisées au sein des entreprises d’ici 3 ans.