Le coronavirus présent dans les eaux usées italiennes dès décembre 2019

Le 19 juin 2020 par Stéphanie Senet
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Dès le 18 décembre dans la station d'épuration de Milan
Dès le 18 décembre dans la station d'épuration de Milan

L’agent de la Covid-19 a été identifié dans des eaux usées prélevées en décembre 2019 à Milan et Turin, selon une étude publiée le 18 juin par l’Institut supérieur de la santé italien.

Des chercheurs italiens ont confirmé la présence du SARS-CoV-2 dès décembre grâce à des échantillons d’eaux usées prélevés dans le Nord du pays. «Nous effectuons depuis 2007 des recherches en virologie environnementale à partir d’échantillons prélevés à l’entrée des stations d’épuration», explique Giuseppina La Rosa de l’Institut supérieur de la santé, qui a co-dirigé ces travaux.

Cette étude se base sur 40 échantillons, prélevés entre octobre 2019 et février 2020, qui ont été comparés à 24 échantillons de contrôle, prélevés avant la propagation du virus, entre septembre 2018 et juin 2019, dans les mêmes stations.

18 décembre à Milan et Turin

La présence du coronavirus dès le 18 décembre à Milan et Turin et dès le 29 janvier à Bologne a été confirmée par deux laboratoires différents et selon deux méthodes d’analyse, affirme Giuseppina La Rosa. Le premier cas a été identifié en Lombardie le 20 février.

Ce résultat concorde avec les résultats de travaux espagnols, démontrant la présence du virus à la mi-janvier dans les eaux usées de Barcelone, soit environ 40 jours avant la détection du premier cas en Espagne.

Grande échelle et cas asymptomatiques

Les eaux usées confirment ainsi leurs atouts pour détecter la présence du virus à grande échelle et prévenir une nouvelle vague épidémique, comme l’a expliqué, début avril au JDLE le chercheur français Christophe Ganztler. Lui aussi planche sur un système de surveillance des eaux usées, au sein du laboratoire Chimie Physique et Microbiologie pour les matériaux et l’environnement.

«Une seule station d’épuration peut capter les eaux usées d’un million de personnes et elle représente un meilleur indicateur que les tests individuels dans la mesure où elle prend en compte la totalité des cas, y compris asymptomatiques», complète Gertjan Medema, microbiologiste à l’institut de recherche sur l’eau de Nieuwegein, aux Pays-Bas. Reste à mettre au point un test fiable à grande échelle et à cibler des eaux usées représentatives d’une population donnée.

Echantillons sensibles

«Il est essentiel de parvenir à une standardisation des méthodes d’analyse et d’échantillonnage», estime Luca Lucentini, de l’Institut supérieur de santé italien. «Les échantillons sont en effet très sensibles à plusieurs facteurs, dont les précipitations météorologiques et l’émission de déchets industriels». Une étude pilote sera lancée à plus grande échelle en Italie, dès le mois de juillet, autour de sites touristiques identifiés comme prioritaires. En vue de généraliser ce système de surveillance à l’échelle nationale dès l’automne.