Le contournement de Beynac part à la casse

Le 29 juin 2020 par Victor Miget
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Pont du contournement de Beynac
Pont du contournement de Beynac

Le Conseil d’État a signé l’arrêt de mort, ce lundi 29 juin, du projet de contournement routier de Beynac (Dordogne).

 

Le cercueil est définitivement cloué. Ce lundi 29 juin, le Conseil d’Etat a mis fin à un feuilleton vieux de 30 ans. Le contournement de Beynac ne verra pas le jour. Il a rendu sa décision sur les trois recours déposés par le Conseil départemental de la Dordogne, présidé par Germinal Peiro (PS), qui souhaitait la reprise des travaux arrêtés par la justice. Sans s’épancher sur l’argumentaire.

Couru d’avance

Sans surprise: «le pourvoi du département de la Dordogne et autres n’est pas admis». Déjà, le 20 mai dernier, le rapporteur public, dont l’avis est suivi par les juges dans la grande majorité des cas, avait plaidé pour un rejet de deux des trois recours (pour l'autorisation environnementale unique, et le permis d’aménagement de la commune de Castelnaud). Seul le recours pour l’aménagement de Vézac avait été jugé acceptable.

Lancé début 2018 après autorisation du préfet de la Dordogne, le chantier avait été mis à l’arrêt par le Conseil d’État en décembre de la même année. L’instance avait jugé qu’il ne revêtait pas un «intérêt public majeur». Il justifiait également sa décision par des atteintes environnementales. En avril 2019, le tribunal administratif de Bordeaux  confirmait cette décision. Dans son arrêt du 10 décembre 2019, la Cour d’appel de Bordeaux avait ordonné au département une remise en état du site d’ici fin 2020. Travaux qui tardent à démarrer comme nous l’avait expliqué Michel André, président de la Sepanso Dordogne.

Satisfaction des associations

Controversé, ce projet à 32 millions d'euros consiste en un contournement routier de 3,2 kilomètres autour de Beynac-et-Cazenac (Dordogne). Considéré comme l’un des plus beaux villages de France, ce bourg médiéval est traversé par une route fréquentée par 10.000 véhicules par jour en haute saison. Problème, les nouveaux aménagements menaçaient un site classé Natura 2000 et l’intégrité d’une réserve de biosphère française de l’Unesco. «Cet aboutissement est une victoire de la population qui, depuis 30 ans, refusait de voir la vallée de la Dordogne défigurée par la circulation routière. Le paysage des châteaux de Beynac, de Marqueyssac, de Castelnaud, de Fayrac, et des Milandes est préservé. C’est aussi une excellente nouvelle pour l’économie touristique du Périgord», a déclaré Kléber Rossillon, président d’honneur de l’association Patrimoine Environnement.

Si Germinal Peiro y tient, il pourra toujours présenter une nouvelle mouture du contournement. Mais en l’Etat, le projet est bel est bien enterré. Mauvais perdant, il y a deux semaines, le président du Conseil départemental avait déclaré à France Info : « Je vais vous dire une chose : ce chantier, il ne sera pas démoli demain ! »