Larivot : la Guyane devra modifier sa PPE

Le 28 octobre 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La centrale de Larivot sera la jumelle de Lucciana (photo).
La centrale de Larivot sera la jumelle de Lucciana (photo).
EDF

Le verdissement de la future centrale thermique EDF du Larivot (Guyane) ne sera pas un long fleuve tranquille.

Esquissé dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) guyanaise, adoptée en 2017, le remplacement de l’actuelle centrale thermique de Dégrad-des-Cannes (67 MWe) a été finalisé la semaine passée. Le 23 octobre dernier, le préfet du département sud-américain signait l’arrêté d’autorisation environnementale pour la construction et l’exploitation d’une centrale thermique à flamme de 120 MWe sur la commune de Matoury, à quelques kilomètres de Cayenne.

Devant être couplé à une centrale photovoltaïque de 10 MWc, la centrale thermique doit démarrer au fioul domestique, lors de sa mise en service en 2023, indique le document préfectoral. Problème: quatre jours avant la publication dudit arrêté, le ministère de la transition écologique lançait un pavé dans le marigot guyanais.

biomasse liquide

Dans son communiqué, la ministre Barbara Pompili demande à l’exploitant, EDF PEI, de remplacer le fioul léger initialement prévu par de la «biomasse liquide». Louable au plan climatique, l’exigence ministérielle n’est pourtant pas facile à satisfaire.

L’huile de palme et le soja étant exclus d’emblée par le gouvernement, EDF propose de se rabattre sur le biodiesel produit avec du colza métropolitain. La solution semble concilier impératifs électriques guyanais et injonctions parisiennes. A quelques détails près.

«Techniquement, on sait que cela fonctionne, mais il nous faut encore sécuriser l'approvisionnement», expliquait au JDLE un porte-parole de l'électricien. Les gisements de biomasse étant insuffisants en Guyane pour alimenter une centrale de 120 MWe, constate la PPE locale, il faudra chercher ailleurs.

rendez-vous en 2021

Surtout, l’arrêté du 23 octobre prévoit explicitement un démarrage au fioul. Changer de combustible (gaz naturel, comme EDF l’avait imaginé ou agrocarburant comme le souhaite Barbara Pompili) implique du boulot et un toilettage des textes.

EDF dispose désormais de deux ans pour fournir une étude montrant que le remplacement du fioul par du biodiesel est réalisable, tant économiquement (la production d’électricité en Guyane est subventionnée) que techniquement.

Les juristes n'attendront pas pour agir. Interrogée par le JDLE, la préfecture de Guyane confirme que, «EDF déposera dès 2021 un dossier de demande d'autorisation d'exploiter prévoyant l'utilisation de ce nouveau combustible.» La PPE guyanaise devra en outre être modifiée «pour y inclure l’existence d’une centrale à biomasse liquide.» Le ministère de la transition écologique et la Collectivité territoriale espèrent que cette révision «sera entreprise à brève échéance et adoptée à la fin 2020 ou début 2021.» Si la Covid le veut bien.