La ZAC du Triangle de Gonesse définitivement validée par la justice

Le 01 juillet 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Coincé entre les aéroports du Bourget et de Roissy: le Triangle de Gonesse.
Coincé entre les aéroports du Bourget et de Roissy: le Triangle de Gonesse.
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Malgré les promesses du président de la république, la bétonisation de terres agricoles va pouvoir se poursuivre dans le nord de Paris.

On va donc continuer à artificialiser les terres agricoles du Triangle de Gonesse (95). Ainsi en ont décidé les magistrats. Dans une décision rendue publique, ce mercredi 1er juillet, le Conseil d’Etat déboute le collectif de 8 associations de défense de l'environnement qui avait demandé l'annulation de la création de cette zone d’aménagement concerté (ZAC) sur ces terres du Val-d'Oise, et donne raison à l'Etat.

terres fertiles

L'aménagement de cette zone de 670 hectares, coincée entre les plates-formes aéroportuaires de Paris-Charles-de-Gaulle et du Bourget, qualifiée par le Collectif pour le Triangle de Gonesse de «terres les plus fertiles d'Ile-de-France», est au coeur d'une guerre judiciaire.
Le projet qui a pris la suite du centre commercial et de loisirs Europacity prévoit la construction d'une gare et d'un quartier d'affaires. Des recours sont en cours, à propos notamment du plan local d'urbanisme (PLU) de Gonesse qui ouvrirait la voie à l'urbanisation des terres.
Les multiples procédures engagées n'ont pas empêché des travaux de débuter, en vue de la construction d'une gare du métro du Grand Paris Express sur le site. En novembre 2019, après des années de débats, Emmanuel Macron avait définitivement enterré Europacity, qui devait être implanté d'ici à 2027, le jugeant «daté et dépassé».

construire à tout prix
Pas question néanmoins de laisser intact cet espace de nature et de cultures, malgré une décision du tribunal administratif de Cergy-Pontoise qui, en mars 2018, avait annulé l’arrêté préfectoral autorisant la création de la ZAC. A la demande de l’Etat, la Cour d’appel de Versailles avait annulé cette décision, en juillet 2019. Une décision que confirme le Conseil d’Etat.

La bétonisation de ces terres pourrait constituer l’un des premiers manquements aux promesses faites par Emmanuel Macron aux membres de la convention citoyenne pour le climat. Lundi 29 juin, le chef de l’Etat s’est engagé à mettre en œuvre un moratoire sur la construction de nouvelles zones commerciales à la périphérie des villes.