La Terre ne mérite pas un sommet réduit

Le 29 janvier 2021 par Yann Wehrling
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Les jeunes pousses ne suffisent pas toujours.
Les jeunes pousses ne suffisent pas toujours.
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Rien de mieux qu'un sommet international pour dynamiser les politiques de transformation sociale et environnementale. Problème: la pandémie pourrait réduire comme peau de chagrin le prochain sommet de la Terre, souligne l'ambassadeur à l'Environnement, Yann Wehrling.

Covid, biodiversité, nature et environnement… le lien est établi scientifiquement… politiquement, il est encore loin de l’être. Plus jamais ça? Si on ne passe pas à la vitesse supérieure dans les changements profonds de notre rapport à notre planète, alors, des pandémies, il y en aura d’autres. Les solutions, en somme, elle ne sont pas terriblement complexes : passer de la surconsommation à la consommation, stopper toutes les gabegies d’énergie et de matière (on sait faire), réduire de moitié notre consommation de protéine animale. Ces trois exemples simples règleraient une grande partie des problèmes environnementaux auxquels nous avons à faire face sans rendre notre quotidien invivable.

le sens de l'histoire

En réalité, même si cela effraie de nombreux décideurs, ces changements sont inéluctables, ils sont le «sens de l’histoire». Mieux vaut les accélérer et les accompagner que les freiner. Notre génération a détruit comme jamais l’environnement puisque c’est au cours des 40 dernières années que le réchauffement climatique et la perte de biodiversité se sont emballés. Mais c’est cette même génération qui est en train de prendre en main les changements nécessaires.

rendez-vous environnementaux

A l’échelle de l’histoire de l’humanité, et encore davantage de la vie sur terre, 40 ans ou même 100 ans, c’est une fraction de seconde. Il y a de quoi être optimiste même si, dans le même temps, tous les voyants restent au rouge et qu’en attendant les vrais changements, de nombreux autres dégâts seront faits, des espèces et des habitats vont disparaitre à jamais. 2021 sera jalonnée de rendez-vous environnementaux (Congrès de l’UICN, Conventions biodiversité, climat et désertification)… autant d’occasions à ne pas manquer pour cranter les changements. Et puis, il y a 2022. Année normalement dédiée au sommet de la Terre, comme tous les 10 ans depuis 1972.

quid du sommet de la terre?

Mais je veux utiliser ces quelques lignes pour alerter: pour la première fois depuis 50 ans, le sommet de la Terre pourrait ne pas avoir lieu. Ce qui se profile est en effet d’un format réduit, loin de l’ambition que fut celle des plus grands sommets de la Terre. Pourtant, après cette pandémie et sa probable origine environnementale, après les constats du GIEC et de l’IPBES qui tirent la sonnette d’alarme comme jamais, nous devons nous mobiliser pour avoir en 2022 un grand sommet de le Terre.

Deux semaines, comme dans les grands moments de Rio ou de Johannesburg, pour réunifier les 3 conventions en une seule, en une seule grande convention de la Terre, une mobilisation sans précédent qui fasse définitivement basculer l’humanité dans une révolution écologique comparable à ce que fut la révolution industrielle ».