La taxe carbone aux frontières continue d'inquiéter les partenaires de l'Europe

Le 22 janvier 2021 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Janet Yellen, future secrétaire au Trésor US, est favorable à la tarification du carbone.
Janet Yellen, future secrétaire au Trésor US, est favorable à la tarification du carbone.
United States Federal Reserve

Après la Chine, l'Ukraine devrait ouvrir son marché du carbone pour échapper à la taxe carbone européenne. Les Etats-Unis pourraient suivre.

Rarement on aura vu un projet européen faire réagir aussi vite ses partenaires commerciaux. En 2023, l’Union européenne envisage de taxer les importations des pays bafouant l’accord de Paris. L’idée est simple. Ces pays n’infligeant aucune contrainte carbone à leurs exportateurs, leurs produits seront taxés au prorata de leur contenu en carbone.

Une façon de réduire l’avantage dont ils bénéficient par rapport aux produits fabriqués dans une usine européenne soumise à l’ETS. Baptisé mécanisme d’inclusion aux frontière (MIF)s, ce système doit être finalisé avant l’été 2021, deux ans avant son entrée en vigueur effective.

La BEI sort du gaz. Le 20 janvier, à l’occasion de la présentation des résultats de la BEI, Werner Hoyer, son président, a confirmé l’arrêt des financements de projets gaziers.

Après l’avoir beaucoup critiqué, la Chine semble se résoudre à son arrivée. Ce qui a sans doute accéléré l’ouverture de son marché national du carbone. Annoncé depuis plusieurs années, l’équivalent chinois de l’ETS européen doit démarrer dans les prochaines semaines. Avec la publication prochaine du 14e plan quiquennal (qui devrait donner la part belle aux énergies décarbonées) et la signature d’un accord avec l’UE sur les investissements, la Chine devrait échapper au MIF.

les Etats-Unis aussi

Autre grand partenaire économique de l’Europe, les Etats-Unis pourraient aussi baisser la garde. L’Hyperpuissance dispose déjà de deux marchés régionaux du carbone (dans le nord-est et en Californie). À la suite de son audition devant le Sénat, la future secrétaire au Trésor, Janet Yellen, a confirmé son intention de tarifer les émissions de CO2. «Nous ne pouvons résoudre la crise climatique sans prix effectif du carbone», a indiqué l’ancienne patronne de la réserve fédérale dans un courrier adressé aux sénateurs. L’économiste se montre, en revanche, plus réservée sur l’intérêt de soumettre les banques et de grandes entreprises à des stress tests climatiques, comme l’exige la Banque centrale d’Angleterre.

En Europe, la digue ukrainienne est sur le point de céder. Le 19 janvier, lors d’une réunion avec des représentants de la Commission européenne, le ministre ukrainien de la protection de l’environnement a confirmé la création d’un marché de quotas d’émissions national. «Ce marché ouvrira en 2025», a précisé Roman Abramovsky. L’Ukraine était considéré par l’Union européenne comme une base de repli possible pour les industriels européens souhaitant échapper à l’ETS. Un phénomène connu sous le petit nom de «fuite de carbone».