La surpêche montre des signes de recul en Méditerranée

Le 14 décembre 2020 par Stéphanie Senet
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La surpêche touche 75% des stocks de poissons en 2018 contre 88% en 2012.
La surpêche touche 75% des stocks de poissons en 2018 contre 88% en 2012.

Pour la première fois depuis des décennies, la surpêche a cédé du terrain en Méditerranée en 2018, selon un rapport de la Commission générale des pêches (CGPM) publié ce 14 décembre. Accident ou tendance ? L’avenir le dira.

Une petite victoire mais une victoire quand même. Alors que 75% des stocks de poissons sont toujours surexploités en Méditerranée et en Mer Noire en 2018, ce résultat s’élevait à 88% en 2012 selon le rapport de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée, qui relève de la FAO[1]. Soit une baisse de 13 points en six ans.

Cette nouvelle tendance, qui doit encore être confirmée dans les années à venir, s’appuie sur des signes de reconstitution des stocks du merlu européen en Méditerranée et du turbot en mer Noire. Au total, 6 stocks sur 18 affichent une hausse de leur biomasse et 46% de stocks évalués se portent bien, selon le rapport de la CGPM. Une victoire très modeste.

De leur côté, plusieurs ONG réclament la fermeture des pêcheries de merlu dans le Golfe du Lion, dans les FRA[2], pour garantir une bonne reconstitution de l’espèce.

Hausse des captures de 2 à 3%

En France, les débarquements de poissons pêchés en Méditerranée se sont accrus de 3% entre 2014-2016 et 2016-2018 (333 tonnes). Les hausses les plus importantes des captures ont été enregistrées par la Turquie, Grèce, Lybie, Monténégro, Algérie et Espagne. Tandis que de nombreux pays affichent des débarquements à la baisse, dont la Slovénie, Portugal, Israël, Maroc, Tunisie et Croatie. Au total, les captures dans ces deux mers ont progressé de 2 à 3% entre 2016 et 2018 pour atteindre 1,17 milliard de tonnes.

En Méditerranée et en mer Noire, la pêche artisanale représente 83% des bateaux de pêche (71.400 navires) mais 15% seulement du volume des captures (175.000 tonnes).



[1] Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture

[2] Zones de restriction de pêche