La sortie du glyphosate, invitée-surprise du projet de loi de finances

Le 07 décembre 2020 par Stéphanie Senet
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Le Sénat a adopté le crédit d'impôt critiqué sur la HVE et un nouveau crédit d'impôt de sortie du glyphosate
Le Sénat a adopté le crédit d'impôt critiqué sur la HVE et un nouveau crédit d'impôt de sortie du glyphosate

Un crédit d’impôt de 2.500 euros a été adopté, le 5 décembre par le Sénat, pour tout agriculteur qui renoncera au glyphosate en 2021 et 2022. Il vient compléter le crédit d’impôt existant pour le bio ainsi que celui sur la critiquée Haute valeur environnementale (HVE).

Si l’interdiction n’est plus à l’ordre du jour, la sortie –volontaire- du glyphosate a gagné deux petites rallonges budgétaires. Un crédit d’impôt annuel de 2.500 euros, tout d’abord, qui n’était pas prévu dans le volet agricole du plan de relance, contrairement au crédit d’impôt HVE adopté ce 7 décembre. Il est estimé à une centaine de millions d’euros par an, selon l’appropriation qu’en feront les agriculteurs, précise le ministère de l'agriculture.

Le ministre Julien Denormandie, qui vise les cultures les plus impactées comme la viticulture et l’arboriculture, a ajouté 80 M€ à l’enveloppe de la relance dédiée à la conversion vers des agroéquipements (total relevé à 215 M€). «Toute transition a un coût et doit donc être financée», précise son communiqué.

Un "virage trompeur"

Déçu, le sénateur écologiste du Morbihan Joël Labbé déplore «une absence de débat à la Chambre haute». «Alors que la HVE renferme des inepties, elle est clairement mise en avant pour supplanter le bio au niveau national et même européen. C’est un virage extrêmement dangereux, qui trompe les consommateurs, ne favorise pas le climat ni la biodiversité», poursuit le parlementaire, dont l’amendement visant la suppression du crédit d’impôt a été rejeté.

A suivre à l’ITAB

Le sénateur poursuit sur d’autres fronts financiers, en vue d’accroître la part accordée à la recherche sur l’agriculture biologique, très faible par rapport aux moyens dont dispose la recherche sur le conventionnel. L’Institut technique de l’agriculture biologique (ITAB) bénéficie de 2 M€ de budget par an. Des discussions pour augmenter son enveloppe sont en cours avec le ministère de l’agriculture.