Quels sont les masques les plus écologiques?

Le 11 décembre 2020 par Stéphanie Senet
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Les masques en tissu lavables au moins 20 fois affichent un meilleur bilan que les masques chirurgicaux
Les masques en tissu lavables au moins 20 fois affichent un meilleur bilan que les masques chirurgicaux

Dans une première étude publiée le 9 décembre, des chercheurs suisses estiment que les masques en coton affichent un meilleur bilan environnemental que les masques chirurgicaux, à la seule condition d’être lavables au moins 20 fois.

«Il s’agit d’une première analyse du cycle de vie simple qui nous a permis d’identifier les facteurs écologiques pertinents», explique Claudia Som, qui a coordonné l’étude de l’Empa, le laboratoire suisse d’essai des matériaux et de recherche. 

Les chercheurs ont tout d’abord analysé les émissions de gaz à effet de serre, la consommation d’eau et d’énergie, ainsi que le bilan environnemental global de la production, utilisation et élimination des masques en coton et chirurgicaux.

Pour l’usage, ils ont suivi les recommandations du groupe scientifique suisse dédié à la Covid-19. Soit deux masques en tissu par semaine, lavés à 60°C et jetés après 5 lavages, versus 13 masques chirurgicaux en polypropylène (PP) par semaine. Les maques en polyester n’ont pas étudiés.

Un coton trop gourmand en ressources

Le résultat est mitigé : si le masque en tissu consomme moins d’énergie et émet moins de GES que le masque en PP, il consomme plus d’eau et d’intrants. D’où un moins bon bilan environnemental, «dû à une production non durable et à forte intensité de ressources du coton», observe Roland Hischier, chercheur à l’Empa, qui s’est basé sur les chiffres de la production mondiale. «Si la production était basée sur des régions à forte irrigation pluviale, sur du coton biologique ou du coton recyclé, l’empreinte hydrique des masques en coton serait bien meilleure», poursuit-il.

La durée de vie à la clé

La phase de production étant la plus importante dans le bilan environnemental global des masques en tissu, le levier de progrès le plus fort réside dans leur durée de vie. En testant différentes hypothèses, les chercheurs ont conclu que seul un masque en coton pouvant être lavé 20 fois ou plus affichait un meilleur bilan environnemental global. Quelques fabricants en proposent aujourd’hui, dont ceux de la norme Afnor en France.

A l’avenir, l’Empa va analyser l’impact environnemental d’autres types de masques (tissus différents, avec des revêtements antiviraux ou antibactériens) et de leurs emballages.