La règle du zéro phyto

Le 29 janvier 2021 par Joël Labbé
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Les usages non agricoles des pesticides très fortement réduits
Les usages non agricoles des pesticides très fortement réduits
PxHere

Utopique au début de la décennie, l’idée d’interdire les produits phytopharmaceutiques s’impose peu à peu, explique Joël Labbé, sénateur EELV du Morbihan.

Bonne nouvelle pour le zéro phyto la semaine dernière, la loi Labbé, dont je suis l’auteur et qui interdit l’usage des pesticides pour les particuliers, les espaces verts et voiries des collectivités, vient d’être étendue à de nouveaux espaces: le zéro phyto sera, à  partir de 2022, la règle dans les cimetières, copropriétés, hôtels, campings, parcs d’attractions, zones commerciales, parcs d’entreprises, établissements d’enseignement et de santé, et dans une partie des terrains de sport.

Les alternatives se développent

En 2013, quand j’avais émis l’idée de cette loi, on m’avait traité d’utopiste. Le fait qu’elle soit aujourd’hui confortée, en plus d’être une avancée pour la biodiversité et la santé, témoigne d’évolutions fortes et positives. La prise de conscience des risques liés aux pesticides se généralise, les alternatives se développent et notre rapport à la nature évolue: alors que l’on percevait dans nos rues et nos jardins des mauvaises herbes, on voit aujourd’hui la nature spontanée comme une biodiversité, et on réclame sa présence en ville.

Une transition encore entravée

Mais il reste du chemin à parcourir! L’arrêté publié la semaine dernière ne prend pas en compte les forêts privées ou encore les autoroutes. Et dans le domaine agricole, on ne peut malheureusement pas constater les mêmes progrès: les reculs sur les néonicotinoïdes et le glyphosate sont de sérieux coups portés à la transition. La mobilisation doit donc continuer, associant citoyens, élus et société civile.