La RATP et la SNCF vont devoir s’assumer seuls

Le 08 juillet 2020 par Victor Miget
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La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse.
La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse.
VLDT

Sans engagement de l’Etat à la hauteur des pertes évaluées à 2,6 milliards d’euros dans les transports collectifs franciliens, Île-de-France Mobilités (IDFM) ne paiera plus ses opérateurs, SNCF et RATP.

 

Le couperet est tombé. Le conseil d’administration d’IDFM a voté à l’unanimité l’arrêt pour le mois de juillet, du versement des acomptes mensuels à la RATP et à la SNCF. «En faisant valoir la clause d’imprévisibilité qui figure dans les contrats avec les opérateurs», a précisé Valerie Pécresse, présidente du Conseil régional. Environ 200 M€ à chaque opérateur ne seront pas versés ce mois-ci. Lesdits versements seront bloqués tant que le budget d’IDFM ne sera pas de nouveau à l’équilibre. C’est donc aux trésoreries de la SNCF et de la RATP de prendre le relai.

Piqûre de rappel

«Cette décision fait suite au refus du gouvernement d’envisager un plan de soutien massif au transport en France et en Ile-de-France, contrairement à ce qu’on fait tous les autres pays», regrette Valérie Pécresse. La crise sanitaire a largement influé sur le financement des transports en commun en Île-de-France. La perte de recette est évaluée à 2,6 Md€ pour l‘année 2020. Valérie Pécresse avait demandé à plusieurs reprises une compensation intégrale de l’Etat. Estimant les pertes à 1,8 Md€, ce dernier avait proposé une enveloppe de 425 (M€).

L’autorité francilienne a payé 100% des opérateurs et des coûts d’exploitation, durant la crise sanitaire, malgré un service réduit des deux tiers. «Nous avons évité à SNCF et RATP d’arrêter le service et de devoir recourir au chômage partiel. Nous avons donc évité à l’Etat les coûts de ce chômage partiel».

Appel au nouveau gouvernement

Aux vus du service rendu, Valérie Pécresse regrette que l’Etat campe sur sa première offre. Elle en appelle désormais au Premier ministre Jean Castex. Le nouveau locataire de Matignon a promis qu’il se saisirait du sujet.

«Regarder ailleurs serait d’autant plus incompréhensible que le gouvernement a annoncé qu’il voulait prendre un nouveau tournant écologique. Je rappelle que les transports publics sont les premiers transports écologiques», a souligné Valérie Pécresse

Et si l’Etat refuse de passer à la caisse ? «Il est hors de question que les voyageurs payent la facture», a-t-elle insisté. S’il n’y a pas de compensation de l’Etat, « cela veut dire imposer un impôt Covid de 20 euros par voyageur et par mois. Et bien cette taxe, ne passera pas par nous (la région Ndlr)». L’impasse.