La production de poissons devrait progresser moins vite

Le 10 juin 2020 par Stéphanie Senet
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La FAO prévoit une hausse de 15% d'ici à 2030
La FAO prévoit une hausse de 15% d'ici à 2030

La pêche et l’aquaculture augmenteront encore dans les 10 prochaines années, mais à un rythme moins soutenu, selon le rapport publié le 8 juin par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

15% de plus en 2030 par rapport à 2018. Cette estimation de la hausse de la production de produits de la mer dans le monde révèle une progression réduite de moitié par rapport aux 10 dernières années. Elle avait en effet augmenté de 27% entre 1990 et 2018, selon le rapport SOFIA 2020 de la FAO.

TOP 7 / En 2018, 7 pays ont pêché plus de la moitié des captures mondiales : Chine, Indonésie, Pérou, Inde, Russie, Etats-Unis, et Vietnam.

Au total, la production mondiale de poissons devrait atteindre 204 millions de tonnes en 2030, contre 179 Mt en 2018. Soit une consommation moyenne par personne de 21,5 kilogrammes dans 10 ans, contre 20,5 kg en 2018.

Alors que la population mondiale devrait croître d’environ 15%, la FAO explique ce ralentissement par l’application plus large de règlementations environnementales, la moindre disponibilité de ressources en eau et de sites de production, la hausse des maladies touchant les espèces aquatiques produites de façon intensive et la baisse des gains de productivité en aquaculture.

Chine en tête

De loin, la Chine devrait rester le premier pays producteur au monde, en raison de la part croissante de son aquaculture, qui devrait dépasser les 60 Mt en 2030. Soit plus de la moitié de la production aquacole mondiale (108,5 Mt au total). Derrière elle, l’Inde et l’Indonésie devraient produire 10 et 7,7 Mt de poissons.

Recul de la pêche durable

Parmi les points noirs, la FAO rappelle l’échec des politiques en faveur d’une pêche durable. 34,2% des stocks de poissons ont en effet été pêchés à un niveau biologique qui ne permet pas leur reconstitution, contre 10% en 1974. L’Organisation note aussi que 35% environ de la production mondiale est jetée ou perdue (aquaculture comprise).

Le thon : un exemple à suivre

Un point positif : les prises de thon –sept espèces principales- ont atteint leur record en 2018 avec 7,9 Mt de prises, dont les deux tiers proviennent de stocks pêchés durablement. Ce qui représente une hausse notable de 10% en deux ans, obtenue grâce à une politique active de préservation des stocks. «Cette amélioration montre combien il est urgent que l'on applique ces mêmes approches dans les activités de pêche et dans les régions où les systèmes de gestion sont mal en point», conclut Manuel Barange, Directeur du Département des pêches et de l'aquaculture de la FAO.