La première usine de viande végétale lancée en France

Le 24 septembre 2020 par Stéphanie Senet
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La start-up propose trois alternatives végétales à la viande
La start-up propose trois alternatives végétales à la viande

La start-up Les Nouveaux Fermiers ouvre la première usine de production de viande végétale en France. Ce qui lui permettra d’en fabriquer 10 tonnes par jour dans les prochains mois.

Après les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l’Espagne, la République Tchèque et les Etats-Unis, la France va abriter une usine de production de viande végétale. Créée par Les nouveaux fermiers, une jeune entreprise lancée en 2019, l’installation se trouve dans un lieu gardé secret jusqu’à la certification des brevets.

Réduire le coût

Objectif : produire jusqu’à 10 tonnes de viande végétale par jour. «Notre ambition est de réduire significativement le coût de la viande végétale par rapport à la viande animale afin de démocratiser ces alternatives végétales au plus grand nombre», explique Guillaume Dubois, l’un de ses co-fondateurs.

Le projet a été financé grâce à une levée de fonds de 3 millions d’euros, opérée début 2020 auprès du fonds d’investissement de Xavier Niel, d’Adrien de Schompré (co-fondateur de Sushi Shop) et de Philippe Cantet (ancien directeur des boissons Innocent) et au soutien de la BPI.

Dans les magasins Monoprix et Carrefour Market

Déjà implantée dans 150 restaurants et 350 points de vente français depuis début juin, dont des magasins Monoprix et Carrefour Market, l’entreprise compte élargir la diffusion de ses produits transformés. Elle fabrique aujourd’hui des steaks à base de protéines de blé et de soja, des aiguillettes à base de protéines de soja et des nuggets à base de protéines de pois. De nombreuses cantines scolaires adoptent aujourd’hui ces produits dans le cadre du déploiement des menus végétariens hebdomadaires lié à la loi Egalim.

Au niveau mondial, la concurrence fait déjà rage entre les Américains Beyond Meat, Impossible Foods, et le Britannique Quorn. Ces alternatives végétales permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre et l’occupation des terres liées à l’élevage. Quorn affiche d’ailleurs le bilan carbone, allégé, de ses produits.

Selon Euromonitor International, le marché mondial des substituts de viande pourrait passer de 16,6 milliards d’euros en 2018 à 20,5 Md€ en 2023.

 

Après le désinvestissement des énergies fossiles, le désinvestissement de la viande et de produits laitiers ? Fortement émettrice de gaz à effets de serre, cette production alimentaire devrait financièrement pâtir du prix du carbone. L’investisseur hongkongais Arisaig Partners s’est déjà désengagé d’entreprises laitières au Vietnam et Mexique après avoir évalué l’impact de la future tarification du carbone. Le fonds nordique Nordea Asset Management va, lui, céder ses parts dans le numéro un mondial de la viande, le Brésilien JBS, pour un montant de 40 millions d’euros.