La pollution de l’air pointée dans la mort d’une fillette britannique

Le 16 décembre 2020 par Stéphanie Senet
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Ella Adoo-Kissi-Debrah habitait à moins de 30 mètres du boulevard circulaire de Londres
Ella Adoo-Kissi-Debrah habitait à moins de 30 mètres du boulevard circulaire de Londres

La justice britannique a reconnu que la pollution de l’air était l’une des causes de la mort d’une petite fille de 9 ans, qui habitait à moins de 30 mètres du boulevard circulaire Sud de Londres.

La famille d’Ella Adoo-Kissi-Debrah, décédée le 15 février 2013 d’une violente crise d’asthme, espère que cette décision convaincra les autorités à agir contre la pollution atmosphérique. Lors d’une conférence de presse organisée ce 16 décembre, sa mère s’est félicitée d’avoir «obtenu justice pour Ella ainsi que pour les autres enfants».

Philip Barlow, médecin légiste de l’arrondissement de Southwark, au Sud de Londres, a en effet conclu que la mort de la fillette était due à la fois à une insuffisance respiratoire aigüe, à un asthme sévère et à une exposition excessive à la pollution de l’air, «qui a déclenché et aggravé sa maladie».

27 hospitalisations en trois ans

La petite fille vivait à Lewisham dans la banlieue de Londres, à moins de 30 mètres du boulevard circulaire South circular. Elle avait été hospitalisée à 27 reprises au cours des trois années précédant sa mort. «Au cours de sa maladie, entre 2010 et 2013, Ella a été exposée à des niveaux de dioxyde d’azote et de particules dépassant les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et dont la source principale est le trafic routier», a affirmé Philip Barlow.

Un lien frappant avec les pics de pollution

En 2014, la justice avait tout d’abord refusé de reconnaître la pollution de l’air comme cause de son décès. Mais ce nouveau procès avait exposé plusieurs éléments nouveaux, dont le rapport du médecin de l’Université de Southampton Stephen Holgate, également membre de l’ancienne commission royale d’enquête sur la pollution de l’environnement, qui avait établi, en 2018, un lien frappant entre les hospitalisations en urgence d’Ella et les pics de pollution au dioxyde d’azote et de particules enregistrés à côté de son domicile.

Une zone à ultra basse émission

Entre 28.000 et 36.000 décès sont liés, chaque année au Royaume-Uni, à la pollution de l’air. Le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, a qualifié cette décision d’historique et accusé son prédécesseur Boris Johnson et les ministres d’avoir agi trop lentement dans le passé.

Une zone à ultra basse émission a été mise en place dans la capitale britannique en 2019, obligeant seulement les conducteurs des véhicules les plus polluants à payer une taxe pour y entrer. Sarah Woolnough, de la British Lung Foundation, a demandé de gouvernement de présenter un plan d’urgence de protection contre la pollution de l’air.