La pollution de l’air associée aux maladies neurodégénératives

Le 20 octobre 2020 par Romain Loury
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New York sous la pollution
New York sous la pollution
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Les maladies d’Alzheimer et de Parkinson sont liées à la pollution de l’air par les particules fines PM2,5, révèle une grande étude américaine publiée dans le Lancet Planetary Health.

Le lien entre pollution de l’air et dégâts neurologiques se précise: en septembre 2016, des chercheurs britanniques et mexicains avaient découvert, dans le cerveau de personnes résidant à Londres et Mexico, la présence de particules de magnétite, probablement issues d’une combustion et parvenues dans le système nerveux par inhalation. Une autre étude mexicaine, en 2019, révélait la présence de premiers signes biologiques de la maladie d’Alzheimer chez des enfants et adolescents.

Depuis, plusieurs travaux ont suggéré un lien épidémiologique entre pollution de l’air et maladie d’Alzheimer, probablement via un stress oxydatif ou des phénomènes inflammatoires. Menée entre 2000 et 2016, une étude portant sur 63 millions d’Américains âgés de plus de 65 ans, suivis par le système d’assurance santé Medicare, confirme cette tendance. En outre, cette association concerne aussi la maladie de Parkinson, autre grande maladie neurodégénérative en forte recrudescence.

Un seuil réglementaire non protecteur

L’équipe d’Antonella Zanobetti, du département de santé environnementale à l’université de Harvard (Boston, Massachusetts), montre que, pour toute hausse de 5 µg/m3 de la teneur atmosphérique moyenne en particules fines PM2,5 (d’une taille inférieure à 2,5 microns), le risque d’admission à l’hôpital pour une maladie d’Alzheimer s’accroît de 13%, ainsi que celui de maladie Parkinson. Pire, cette tendance à la hausse, linéaire, est observée en-dessous de 12 µg/m3, seuil de qualité en vigueur aux Etats-Unis[i].

«Notre étude menée sur l’ensemble du territoire américain montre que les normes actuelles ne protègent pas suffisamment les personnes les plus âgées, ce qui confirme la nécessité de normes plus strictes et d’autres mesures afin de réduite les concentrations en PM2,5 et d’améliorer la qualité de l’air», commente Antonella Zanobetti.



[i] En France, l’objectif de qualité pour les PM2,5 est fixé à 12 µg/m3, la valeur cible à 20 µg/m3 et la valeur limite à 25 µg/m3, en moyenne annuelle.