La nutrition, au mépris de l’environnement?

Le 17 juillet 2020 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
L'élevage, fort émetteur de gaz à effet de serre
L'élevage, fort émetteur de gaz à effet de serre

Les recommandations nutritionnelles sont peut-être vertueuses d’un point de vue sanitaire, elles le sont rarement au niveau environnemental, confirme une étude publiée mercredi 15 juillet dans le British Medical Journal (BMJ).

A ce jour, les retombées de nos habitudes alimentaires, ainsi que des recommandations nutritionnelles, ont surtout fait l’objet d’études publiées dans les revues scientifiques spécialisées dans l’environnement. D’où l’intérêt de l’étude publiée par Marco Springmann, de l’université d’Oxford, et ses collègues dans le British Medical Journal, l’une des quatre grandes revues médicales internationales.

Les chercheurs y ont étudié 85 recommandations nutritionnelles, en plus de celles édictées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de la commission scientifique EAT-Lancet pour une alimentation saine et durable. Considérées dans leur ensemble, elles permettent certes de réduire de 15% le taux de mortalité prématurée et de 13% les émissions de gaz à effet de serre, mais cela demeure encore loin des objectifs de l’Accord de Paris.

Des émissions surélevées de 140%

Malgré cette légère atténuation, seules 13% des recommandations sont en effet compatibles avec l’Accord de Paris, dont l’objectif est de stabiliser le réchauffement en-dessous de +2 °C, voire +1,5 °C. En moyenne, les émissions de gaz à effet de serre demeurent surélevées de 140%, voire de 300% pour les recommandations nord-américaines, qui réservent une part toujours élevée à la consommation de viande.

De même, seules 22% des recommandations nationales sont en accord avec l’objectif d’Aichi sur l’usage des terres. Un tiers d’entre elles (33%) respectent les objectifs de développement durable en termes d’usage de l’eau, et seules 11% pour l’utilisation d’engrais azotés.

Alors que les recommandations de l’OMS ne font guère mieux que la moyenne, deux pays sortent du lot, atteignant les six objectifs internationaux sur l’environnement et la santé (diminution des maladies chroniques, climat, usage des terres, eau, azote, phosphates): il s’agit de l’Indonésie et de la Sierra Leone, qui préconisent la sobriété en termes d’aliments carnés et lactés. Egalement dans les clous, les recommandations de la commission scientifique EAT-Lancet.