La Norvège, championne incontestée de la voiture électrique

Le 06 janvier 2021 par Victor Miget
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
En décembre, écembre, les VE représentaient 66,7% des nouvelles immatriculations en Norvège.
En décembre, écembre, les VE représentaient 66,7% des nouvelles immatriculations en Norvège.
BMW

Le royaume scandinave est devenu, l’année dernière, le premier pays au monde à dépasser les 50% de voitures électriques vendues.

 

Qui a dit que la voiture électrique fonctionnait moins bien dans les pays froids ? En 2020, la Norvège est officiellement devenue le premier pays au monde où plus d’une voiture neuve sur deux carbure aux électrons. Soit 54,3 % de nouveaux VE, contre 42,4 % en 2019, selon le Conseil d’information sur le trafic routier (OFV), organisme spécialisé norvégien. Plus précisément, ce sont 141.412 voitures neuves qui ont été vendues en Norvège l'année dernière, dont 76.789 entièrement électriques. Un record ! Rien qu’en décembre, les VE représentaient 66,7% des nouvelles immatriculations.

«C’est une tendance extrêmement positive», a applaudit Christina Bu, secrétaire générale de l’Association norvégienne des véhicules électriques. Et de poursuivre : «Nous sommes presque sur la voie pour atteindre les objectifs de 2025». Date à laquelle la Norvège, qui tire pourtant une part substantielle de son PIB de l’exportation pétrolière (22%), souhaite atteindre le zéro émission pour toutes ses voitures neuves vendues. A titre de comparaison, la France table sur 2040.

La note. Le ministère norvégien des Finances montre que les avantages de la voiture électrique ont coûté 19,2 milliards de couronnes norvégiennes cette année (près de 1,9 milliard d'euros).

La méthode

Que le petit royaume nordique écoule autant de véhicules électriques ne doit rien au hasard. Mais plutôt à sa politique fiscale très avantageuse. Le particulier ne paye ni TVA (25%), ni taxe d’importation, ni taxe (ou très peu) sur les immatriculations. Quand la taxation des voitures à essence et diesel à l’achat peut représenter jusqu’à 100 % du prix intial[1].

Une politique pour le moins efficace. Pour preuve, le modèle le plus vendu en Norvège l’année dernière est l’e-tron d’Audi, qui coûte la bagatelle de 47.000 €, sans aides. Autres modèles très prisés : la Nissan Leaf ou encore la Tesla Model 3 – qui sont loin d’être les plus abordables. A noter toutefois que ce sont principalement des véhicules lourds, gourmands en énergie et potentiellement plus émetteurs de particules fines (usure des freins et des pneus en raison du poids) qui dominent le marché. Même si le premier argument est à relativiser, étant donné que la Norvège tire 95% de son électricité de barrages hydroélectriques.

65% en 2021

La croissance des ventes de VE devrait se poursuivre en 2021, avec le lancement de nouveaux modèles. Citons entre autres le SUV de Tesla, le Model Y et les SUV électriques de Ford, BMW et Volkswagen.

«Notre prévision est que les voitures électriques dépasseront 65% du marché en 2021. Si nous y parvenons, l'objectif de ne vendre que des voitures zéro émission en 2025 sera à portée de main», a déclaré Christina Bu. Chiffre qui aurait dû être atteint cette année, sans le facteur coronavirus qui a retardé le lancement de plusieurs véhicules.

En attendant, le Gouvernement poursuit sa politique volontariste en matière de mobilité électrique. La Norvège vient d’introduire l’accès à l’infrastructure de recharge dans les copropriétés comme un droit statutaire. 

 



[1] La Norvège a un système de taxation différencié selon le taux de carbone émis par les véhicules.