La montée du niveau de l’océan: catastrophe pour l’économie mondiale

Le 31 juillet 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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0,5% des terres émergées sont menacées.
0,5% des terres émergées sont menacées.
VLDT

Les pertes économiques imputables aux épisodes de submersion marine pourraient représenter jusqu'à 20% de la richesse mondiale.

Ca n’est pas une découverte. Sous le double effet de l’expansion thermique de l’eau et de la fonte accélérée des glaces continentales, le niveau des océans grimpe. Et le rythme de cette élévation s’accélère à mesure que les températures de l’air et de l’eau augmentent.

Chaque année, le niveau des mers et des océans s’élève, en moyenne de 3 mm, contre 2 mm/an durant le XXe siècle. Si nous continuons d’accroître nos émissions de gaz à effet de serre au rythme actuel, la vitesse d’élévation pourrait tripler avant la fin du siècle, ont calculé, en 2018, des chercheurs de l’université de Boulder (Etats-Unis).

200 millions de déplacés?

De quoi bouleverser la vie des habitants des zones côtières. L’an passé, des scientifiques des universités de Bristol, Princeton, Rutgers et Delft ont estimé que plus de 180 millions de personnes risquaient d’être déplacées par les submersions marines imputables au réchauffement d’ici la fin du siècle.

Ce qui, à l’évidence, ne constitue toujours pas un argument de poids pour inciter gouvernements et autorités locales à développer des stratégies d’adaptation. En voilà, peut-être, un qui fera mouche ?

menace sur les côtes européennes

Dans un article, publié le 30 juillet par Nature, une équipe, dirigée par Ian Young (université de Melbourne), a évalué les dommages économiques de la montée des eaux. En s’appuyant sur le scénario RCP 8,5 du Giec (lequel prévoit un réchauffement oscillant entre 2,8 ° C et 4,8 °C  entre 1860 et 2100), les chercheurs estiment que l’océan va menacer d’inondation plus ou moins récurrentes 800.000 km2 de côtes (environ 0,5 % des terres émergées), sur lesquelles vivront plus de 200 millions de personnes en 2050 et probablement près de 250 millions à la fin du siècle. C’est un tiers de plus que le nombre de terriens susceptibles de se retrouver actuellement les pieds dans l'eau lors par des épisodes de submersion marine.

Sont particulièrement vulnérables : les côtes de l’Europe du nord-ouest, d’Australie et de Nouvelle-Zélande, de Chine, d’Inde, du Bangladesh, du sud-est de l’Afrique et d’Amérique du nord.

Si ces projections se vérifiaient, les chercheurs estiment à 14.200 milliards de dollars les pertes économiques globales potentiellement imputables aux inondations d'origine climatique: l’équivalent de 20 % du PIB mondial actuel. Le calcul se base sur la valeur (en 2011) des propriétés situées dans les zones où le niveau de l'eau pourrait monter de un mètre d'ici à 2100. Malgré son énormité, ce chiffre pourrait ne représenter que le bas de la fourchette. Dans leur estimation, les scientifiques n’ont pas intégré la valeur des infrastructures de transport ou d’énergie. Un détail.