La Grèce ouvre les vannes aux hydrocarbures dans les zones Natura 2000

Le 06 mai 2020 par Stéphanie Senet
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Des zones Natura 2000 menacées
Des zones Natura 2000 menacées

A majorité conservatrice, le Parlement grec a adopté, le 5 mai, une loi facilitant l’exploration et l’extraction d’hydrocarbures dans les zones protégées Natura 2000.

Adoptée au lendemain du déconfinement partiel de la population grecque, cette loi sur «la modernisation de la législation environnementale» est vivement critiquée par l’opposition et les ONG. Deux dispositions sont dans leur ligne de mire. L’article 44 permet pour la première fois l’exploration et l’extraction de pétrole et de gaz dans des zones Natura 2000, protégées par l’UE pour leur biodiversité. L’article 110 prive le gouvernement local de son droit inaliénable d’approuver ou de rejeter les installations d’extraction d’hydrocarbures lourdes, dangereuses et polluantes dans sa zone de compétence.

Une idée dépassée

Une pétition signée par 30.000 personnes en une semaine avait été remise, la veille au ministre de l’environnement, par les directeurs du WWF et de Greenpeace Grèce, pour demander la suppression de ces deux mesures. «Au-delà des forages, cette loi est problématique dans de nombreux domaines», complète Demetris Karavellas, directeur du WWF Grèce. «Cette loi diffuse l’idée dépassée que l’environnement est un obstacle et non une garantie pour le développement et la prospérité», déclare Nikos Charalambidis, directeur de Greenpeace Grèce, qui note toutefois des avancées pour favoriser les investissements dans l’énergie solaire ou éolienne. «Non seulement cette loi réduit la protection de l’environnement mais elle est en plus clientéliste», dénonce Fofi Gennimata, cheffe du parti de centre gauche Kinal.

Le Premier ministre de centre-droit Kyriakos Mitsotakis affirme que le texte, qui a été adopté par 158 députés conservateurs sur 216 présents articles, définit «des règles claires pour la protection de l’environnement qui vont en même temps favoriser un développement rapide et durable». «L’ennemi de la croissance et de la protection de l’environnement, c’est la bureaucratie», a-t-il ajouté.

Athènes a signé, ces dernières années, quatre contrats de cession de droits d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures au large de la Crète et en mer Ionienne, avec ExxonMobil, Total et Edison.