La Coved perd un marché de collecte de déchets dans le Calvados

Le 15 juillet 2020 par Stéphanie Senet
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Perte de marché sur fond de malaise social
Perte de marché sur fond de malaise social

Filiale du groupe Paprec, la Coved a perdu le marché de collecte des déchets de la communauté de communes Cœur de Nacre, située dans le Calvados. De mauvaises conditions de travail y sont dénoncées depuis 2017.

Officiellement, le nouveau marché a été attribué à Derichebourg, à partir de janvier 2021, «pour des raisons techniques et financières». Mais les grèves successives des éboueurs, à l’appel de la CGT et de la CFDT, pour dénoncer les conditions de travail imposées par la Coved, ont sans doute fait pencher la balance. «L’offre retenue nous a paru nettement plus favorable pour fonctionner demain dans un climat apaisé et respectueux des agents comme des usagers», a confié au Monde Thierry Lefort, président de la collectivité.

Malaise grandissant

«La communauté de communes de Cœur de Nacre a pris ses responsabilités. C’est une décision plein de bon sens», s’est réjouie le 8 juillet l’antenne locale de la CGT à Caen, dans un communiqué. Le malaise des ripeurs a en effet grandi au cours des dernières années. Selon les syndicats, 25 salariés sur 33 ont quitté l’entreprise à cause des mauvaises conditions de travail : équipements de protection insuffisants, équipes réduites, véhicules en panne, pauses non payées, etc.

Grèves en série

L’un d’entre eux, Stephano Patry, 47 ans, s’est par ailleurs suicidé le 5 juin en tenue de travail. Il a été découvert avec sa lettre de licenciement –pour état d’ébriété- à ses pieds. Ses parents ont porté plainte contre la Coved pour homicide involontaire. En réaction, les éboueurs ont fait grève le 19 juin et le 3 juillet pour demander à la collectivité de ne pas s’arrêter aux conditions financières lorsqu’elle attribue les marchés de collecte des déchets. Ce n’était pas la première fois qu’ils arrêtaient le travail. Dans la communauté de communes, la première grève remonte à juin 2017, pour des disparités salariales.

En théorie, tout nouveau délégataire doit reprendre les salariés aux mêmes conditions. Mais ce n’est pas le cas à la Coved, selon les 10 salariés –dont Stephano Patry- qui avaient déposé un recours aux prud’hommes de Caen. Très attendu, le jugement doit être rendu en septembre.