La chasse à la glu suspendue pour un an

Le 28 août 2020 par Romain Loury
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Une "chasse traditionnelle" du sud-est
Une "chasse traditionnelle" du sud-est

L’Etat va suspendre la chasse à la glu pour la saison 2020-2021, a annoncé jeudi 27 août la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili. Cette décision, prise sur arbitrage de l’Elysée, intervient après que la Commission européenne a adressé début juillet un avis motivé à la France, lui demandant de mettre fin à cette pratique illégale.

«L’arrêt de la chasse à la glu, cela fait longtemps qu’on devait le faire, c’est fait. C’est une mise en conformité avec le droit européen et une bonne nouvelle pour la biodiversité», s’est félicitée Barbara Pompili. Le quota est donc ramené à zéro pour la saison 2020-2021, contre 42.000 l’an dernier.

Il était en effet plus que temps: non sélective, jugée cruelle par les associations, cette méthode de ‘chasse traditionnelle’ des grives et des merles, pratiquée dans cinq départements du sud-est, exposait la France à une condamnation par la Cour de justice européenne (CJUE). Sermonnée début juillet par Bruxelles, la France disposait jusqu’au 4 octobre pour répondre.

Une dérogation jusqu’alors tolérée

Jusqu’alors, les autorités européennes, dont la CJUE, avaient toujours validé la chasse à la glu. Bien que celle-ci soit interdite par la directive Oiseaux de 2009, une dérogation peut être accordée «s’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante» pour capturer des oiseaux en petites quantités, «dans des conditions strictement contrôlées et de manière sélective».

Le vent a tourné en juin 2018, avec la condamnation de Malte pour son système dérogatoire qui lui permettait de capturer sept espèces d’oiseaux chanteurs à l’aide de filets. S’il avait jusqu’alors débouté les associations, le Conseil d’Etat avait alors décidé, en novembre 2019, d’interroger la CJUE au sujet de la chasse à la glu.

La France, très bienveillante envers la chasse

Saluant l’annonce de Barbara Pompili, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) espère «désormais que cette suspension d’un an se transforme[ra] en interdiction définitive». Toutefois, d’autres sujets soulevés par la Commission demeurent en suspens, notamment le piégeage avec des filets et des matoles dans le sud-ouest, ainsi que la chasse d’espèces dans un mauvais état de conservation. Parmi elles, l’oie cendrée, ciblée lors de sa migration vers les sites reproducteurs -ce qui est interdit par la directive Oiseaux.

Si les chasseurs, représentés par Willy Schraen, l’influent président de leur fédération nationale (FNC), n’ont pas eu gain de cause sur la chasse à la glu, ils pourront toujours se consoler en chassant la tourterelle des bois: selon l’arrêté publié vendredi 28 août, cette espèce classée ‘vulnérable’ et en fort déclin en Europe pourra être prélevée à hauteur de 17.460 individus durant la saison 2020-2021.