La catastrophe de Lubrizol complique les affaires d’Amazon

Le 06 novembre 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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330.000 colis par jour seront traités dans cet entrepôt.
330.000 colis par jour seront traités dans cet entrepôt.
GLP

Les pompiers rouennais sont défavorables à un projet d'entrepôt géant devant être loué par Amazon.

 

Le paysage de Petit-Couronne évolue. Ce samedi 7 novembre, la dernière des cheminées de l’ex-raffinerie Petroplus sera détruite. A la place, le propriétaire du terrain, Valgo, installe une vaste plateforme logistique.

Sur les 250 ha du site, «plus de 350 emplois» ont déjà été créés par 20 entreprises dont un dépôt pétrolier de Bolloré Energy. Un «entrepôt logistique sur trois niveaux», «destiné à l'accueil d'une importante activité d'e-commerce robotisée» de 330.000 colis par jour est notamment envisagé, selon le rapport d'enquête publique sur ce projet porté par le spécialiste de l’immobilier logistique GLP.

mesures de protection

Selon des élus de la métropole de Rouen, GLP louera le vaste entrepôt à Amazon; information qui n’a pas été démentie. Le commissaire-enquêteur a donné un avis favorable le 20 octobre à ce projet qui devrait employer 1.839 personnes en pic d'activité. GLP devra toutefois «expliciter les mesures de protection, détection et lutte contre les risques d'incendie, en réponse aux observations du service d'incendie et de secours (SDIS) de Seine-Maritime».

volume de fumées

C’est peu de dire que les pompiers sont défavorables au projet. Dans deux rapports rendus cet été, les soldats du feu rouennais soulignent les risques en cas d’incendie des installations projetées. Ils craignent notamment un effondrement de la structure des entrepôts, rendant quasi impossible toute intervention des secouristes. Selon leurs estimations, un feu dans les entrepôts d’Amazon pourrait produire «un volume de fumée supérieur à celui produit lors de l'incendie du 26 septembre 2019 concernant Lubrizol».

En toute logique, la métropole s’est opposée au projet, le 5 novembre, au grand dam du maire de Petit-Couronne, favorable au projet. Le préfet de Seine-Maritime a prolongé l'instruction, de six mois maximum, a indiqué jeudi 6 novembre la préfecture.