Biden: demandez le programme environnemental du futur président des USA

Le 30 octobre 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Joe Biden sera le 46e président des USA.
Joe Biden sera le 46e président des USA.
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Le candidat démocrate développe une vision cohérente pour atteindre la neutralité carbone.

Difficile de ne pas paraître manichéen en comparant les programmes «environnement» des deux prétendants à la présidence des Etats-Unis. Joe Biden vise la neutralité carbone pour 2050 quand Donald Trump entend doper la production d’énergies fossiles. Des programmes véritablement aux antipodes l’un de l’autre.

Ancien vice-président de Barack Obama, Joe Biden entend agir rapidement pour décarboner le mode de vie américain. Le but de l’ancien sénateur du Delaware est simple: la neutralité carbone et une économie alimentée par de l’énergie «propre» en 2050.

Pour ce faire, l’administration Biden fixera des plafonds d’émission réguliers (comme en France ou au Royaume-Uni), incitera les territoires à suivre des plans d’adaptation et mettra en place une justice climatique, chargée de poursuivre les délinquants du carbone.

programme d'investissements

Joe Biden prévoit de lancer un programme fédéral d’investissement. Doté de 1.700 à 2.000 milliards de dollars de fonds publics sur 10 ans, ce Green New Deal espère susciter plus de 5.000 milliards de dollars d’investissements par effet de levier. Avec cette manne, le candidat démocrate imagine rénover les bâtiments publics, remplacer les véhicules fédéraux à essence par des voitures électriques et moderniser les réseaux d’électricité.

Le candidat du parti de l’âne propose aussi de restaurer le Clean Air Act, dont la mise en œuvre signera la fin des centrales thermiques au charbon. Les industries lourdes émettrices seront priées de capter leur CO2 pour l’injecter sous terre ou le recycler. Durant sa mandature, la production d’agrocarburants américaine sera doublée: de quoi alimenter les derniers véhicules à moteur thermique, mais aussi les flottes de navires et d’avions commerciaux, estiment ses partisans.

une agence de l'innovation

Pour dynamiser l’innovation, une agence de recherche sur l’énergie et le climat sera créée, à l’image de la Darpa pour les industries de défense. Ses priorités seront les petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR), les systèmes de stockage d’énergie, les fluides réfrigérants ne contenant pas de gaz à effet de serre, les bâtiments neutres en carbone, la décarbonation de la production d’acier et de matériaux de construction. Révolution des révolutions: l’agriculture industrialisée devra produire une alimentation saine, bas carbone et accroître le stockage de carbone par les sols.

Le climat ne sera pas qu’une priorité intérieure. Dans les premiers jours de sa présidence, Joe Biden signera de nouveau l’Accord de Paris. Il entend aussi intégrer le climat dans sa future politique étrangère, signature d’accords commerciaux comprise.

plateforme de 2016

Dans le camp adverse, c’est plus simple. Donald Trump n’a pas de véritable programme. Officiellement, il supporte toujours la plateforme élaborée en 2016 par le parti républicain.

Au chapitre de l’énergie et de l’environnement, le président Trump propose donc toujours de tout mettre en œuvre pour accroître la production nationale d’énergie. Ce qui peut se traduire par l’ouverture des terres fédérales et de certains espaces protégés (Arctic National Wildlife Refuge) à l’exploration de pétrole, de gaz et de charbon.

aider les pauvres

En réduisant les contraintes environnementales pesant sur les consommateurs de charbon, le locataire de la Maison blanche espère contribuer à abaisser le coût de l’énergie pour les familles les plus modestes. Même argument à opposer aux partisans (démocrates) d’un renforcement des normes sur la consommation de carburant des véhicules légers ou de la réduction des fuites de méthane.

Seule petite concession environnementale: le milliardaire new-yorkais est favorable au programme One Trillion Trees. Présenté au Forum économique mondial de Davos de 2020, ce programme prévoit la plantation de 1.000 milliards d’arbres dans le monde pour extraire du CO2 de l’atmosphère. Ne reste qu’à le financer.