L’Oréal maquille un peu sa politique environnementale

Le 25 juin 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'Oréal prévoit de réduire l'impact environnemental de ces produits.
L'Oréal prévoit de réduire l'impact environnemental de ces produits.
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Des objectifs apparemment ambitieux qui n'empêchent pas a priori un accroissement des émissions de GES ni des consommations de ressources naturelles.

Voilà des mois que L’Oréal le fait savoir. Le géant mondial des cosmétiques affichera de nouvelles ambitions en matière de développement durable. C’est à l’occasion d’une visioconférence, peu interactive, que le groupe centenaire a présenté, ce jeudi 25 juin, ses nouveaux objectifs.

Membre de l’initiative Science Based Targets, le roi du shampoing inscrit sa nouvelle stratégie verte dans le cadre du principe des limites planétaires, a précisé d'emblée Alexandra Palt, directrice générale de la responsabilité sociétale et environnementale.

Les limites de L’Oréal sont fixées pour la décennie. Il s’agira d’alimenter tous ses sites de production en électricité d’origine renouvelable et d’améliorer leur efficacité énergétique. Objectif: neutralité carbone. Le groupe prévoit de réduire de moitié les émissions de GES par produit fini, entre 2016 et 2030. Ce qui n'est pas forcément un gage de réduction globale de l'empreinte climatique, notamment dans une perspective d'une forte croissance de ses activités.

puits de carbone

Qu'à cela ne tienne, le surplus carboné pourrait être absorbé par des puits de carbone. En mai dernier, le groupe a annoncé le déblocage d’une ligne de 50 M€ pour le financement de «l’impact investing environnemental», en bon français dans le texte.

Concrètement, l’entreprise prêtera des capitaux à des investisseurs pour acheter ou restaurer un million d'hectares de mangroves et de forêts capteuses de CO2. Avec les revenus générés par la séquestration du carbone (1 Mt CO2 visées pour 2030) ou l’écotourisme, les exploitants de ces écosystèmes rembourseront leurs mensualités à ... L'Oréal.

Qui dit milieux naturels dit biodiversité. Sujet chaud sur lequel s’engage L’Oréal, avec prudence. Le groupe promet que ni ses ingrédients ni ses emballages ne contribueront plus à la déforestation. «L’empreinte sur les écosystèmes» restera la même entre 2019 et 2030. Ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle. Enfin, bâtiments et usines maison «auront un impact positif sur la biodiversité» en 2030. Sacrée trouvaille !

shampoing solide

Grosse consommatrice d’eau, L’Oréal ne prend aucun engagement précis de réduction de ses consommations. Le groupe promet de réévaluer toutes ses formulations, de travailler en circuit fermé et d'abattre les usages par produit fini. Sans oublier «de permettre à nos consommateurs de réduire de 25% en moyenne par produit fini la consommation d’eau liée à l’usage de nos produits», a souligné Alexandra Palt. Il y aura du mieux dans nos salles de bain et nos salons de coiffure.

A l’origine de 0,5% des plastiques rejetés dans le monde, pour reprendre l’estimation du P-DG Jean-Paul Agon, L’Oréal veut aussi alléger son empreinte plastique. En n’utilisant plus, dans 10 ans, que des plastiques recyclés ou biosourcés. Ce qui n’est pas pareil. Le groupe prévoit aussi de diminuer l’usage des plastiques, en créant des produits pouvant être emballés dans du carton.

Garnier a déjà mis sur le marché un shampoing solide qui répond à cette exigence, a rappelé Adrien Koskas, patron de l’ancienne marque blésoise.

L’entreprise prévoit aussi d’investir 50 M€ dans «des projets liés à l’économie circulaire».

Parce que nous le valons bien ?