L’Ile-de-France rêve de taxis volants

Le 01 octobre 2020 par Victor Miget
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Il va falloir réglementer tout ça.
Il va falloir réglementer tout ça.
Volocopter

L'aéroport de Pontoise-Cormeilles-en-Vexin servira de plateforme d’essais aux premiers taxis volants franciliens. Ces engins ne pourront toutefois voler qu’avec un cadre réglementaire adapté.

Au printemps prochain, le ciel de la capitale pourrait bien accueillir de drôles d’oiseaux. Aéroports de Paris (ADP), la région Ile-de-France et la RATP ont annoncé, le 30 septembre, que l'aérodrome de Cormeilles-en-Vexin (Val-d'Oise), hébergera une nouvelle filière de «Mobilité aérienne». Objectif: expérimenter les véhicules à décollage vertical électriques (eVTOL).

Appel à manifestation d’intérêt

Un appel à manifestation d'intérêt international a été lancé. Les entreprises du secteur ont jusqu’au 13 novembre pour déposer un dossier dans l’une des cinq catégories proposées : véhicule (constructeurs et équipementiers), infrastructure (énergéticiens ou concepteurs de vertiports), opérations (fournisseurs de solutions intermodales, de maintenance, ou de plateformes digitales de mise en relation), intégration dans l'espace aérien (fournisseurs d'Unmanned Traffic Management (UTM) ou de systèmes de communication/navigation), acceptabilité (laboratoires de recherche et instituts d'étude). Les lauréats (entre 3 et 5) seront dévoilés mi-décembre.

La société allemande Volocopter, premier partenaire industriel de la démarche, a déjà prévu de réaliser un essai de son taxi volant 100% électrique VoloCity.

Déterminer un cadre réglementaire

Les essais de stationnement, décollage, atterrissage, de maintenance et de recharge des batteries seront menés à Cormeilles. Il s’agit aussi de mieux déterminer les besoins de la filière, ses problématiques, son acceptabilité auprès des riverains, et bien sûr son cadre légal. L’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) y travaille et soutient ce projet.

La France et d’autres États européens réfléchissent à l’évolution du cadre réglementaire. Normes techniques, sécurité, passage en zone urbaine, transport commercial de passagers: autant de sujets à traiter.

La problématique Paris

La région Ile-de-France compte bien profiter des Jeux-Olympiques de 2024 pour mettre ces petits engins sous le feu des projecteurs: «Cet événement constitue une opportunité exceptionnelle pour mobiliser la filière aéronautique, faire rayonner l’Île-de-France en la positionnant comme une région de référence sur le marché mondial de la mobilité aérienne urbaine», se réjouit Valérie Pécresse, présidente du conseil régional. Faut-il s’attendre à ce que des taxis volants fassent le show pendant les JO ? Il faudra d’abord s’accorder avec la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) sur… le cadre réglementaire. Il est, par exemple, interdit de survoler Paris à moins de 2.000 mètres d’altitude. Or, le plafond du Volocity ne dépasse pas les 500 mètres.

Les taxis volants devront s’inscrire dans la régulation aérienne et respecter des couloirs aériens qu’il faut encore créer. «Tous ces aéronefs devront être gérés au mieux afin d’éviter les collisions en vol et, pour des questions de sécurité, ils ne pourront pas décoller ou atterrir n’importe où», rappelle-t-on à la DGAC.