L’Ile-de-France présente un plan de relance basé sur « une écologie de progrès »

Le 17 septembre 2020 par Stéphanie Senet
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Valérie Pécresse a présenté le plan de relance écologique pour l'IDF
Valérie Pécresse a présenté le plan de relance écologique pour l'IDF

Le conseil régional francilien a présenté, ce 17 septembre, son plan de relance pour la reconstruction écologique du territoire, en conclusion de la COP qui s’est tenue à Saint-Ouen ces deux derniers jours.

La campagne pour les régionales bat son plein. A six mois des prochaines élections, Valérie Pécresse s’affiche porteuse d’une «écologie de progrès», en opposition à «une écologie idéologique», et veut le prouver en lançant un vaste plan de relance sur 5 ans. «Cette COP s’est tenue dans une région blessée, la région la plus touchée de France par la crise sanitaire, qui risque de compter 1 million de chômeurs en décembre», a-t-elle lancé lors d’une conférence de presse clôturant ce grand raout de deux jours.

Doté d’une enveloppe de 10 milliards d’euros sur 5 ans, ce vaste programme fourre-tout comprend 192 mesures «pour faire de l’Ile-de-France une région ZEN (zéro émission nette), ZAN (zéro artificialisation nette) et circulaire».  A condition, bien sûr, qu’elle soit réélue en mars prochain.

Zéro émission nette

Côté ZEN, l’accent se poursuit sur la mobilité durable et ses innovations technologiques : création d’un dépôt de bus à hydrogène et volonté de faire de la Seine « un corridor à hydrogène » entre Paris et Le Havre. Déjà dans les tuyaux, la dépollution de l’air intérieur des stations de métro doit se poursuivre dans les 20 stations les plus polluées, tout comme l’expérimentation des bulles d’air pur dans les écoles franciliennes en collaboration avec le groupe Suez.

Zéro artificialisation nette

Côté ZAN, la région compte attendre le zéro artificialisation nette en 2030. «L’objectif sera inscrit dans notre nouveau schéma directeur régional, le SDRIF, que nous souhaitons environnemental. La concertation est lancée ce soir», a précisé la présidente du conseil régional. Un objectif déjà inscrit dans les Sraddet[1] de Nouvelle-Aquitaine et de Bretagne. Au menu: 500 kilomètres de haies, 1.500 hectares de nouveaux espaces verts, 1.000 hectares de friches urbaines requalifiées, un programme de désimperméabilisation lancé dans 100 villes, création de nouvelles réserves, dont la réserve régionale de Brie en suspens depuis plusieurs années.

Pas de freins, en revanche, à l’urbanisation galopante. Aucune mesure ne vise l’implantation des centres commerciaux, qui doit être interdite au niveau national l’année prochaine, mais «un doublement du nombre de commerces aidés dans les petites communes pour faire vivre le cœur des villages. Notre modèle n’est pas celui du centre commercial, même si certains sont importants, mais du commerce de proximité», a précisé Valérie Pécresse.

Une région circulaire

Pour mettre de la circularité dans l’économie régionale, un grand nombre d’appels à projets seront lancés : sur la réutilisation et le recyclage des masques jetables, sur le réemploi du verre consigné, ou sur les matériaux biosourcés destinés à la rénovation énergétique. Le doggy bag ou «emporte-restes» comme disent les Québecois, sera aussi généralisé dans les restaurants commerciaux voire les cantines. «Un plan d’actions détaillé sera présenté d’ici à la fin du mois», assure Sophie Deschiens, déléguée spéciale à l’économie circulaire.

Un budget participatif de 500 millions d’euros

Ce projet s’accompagne d’un budget participatif, sur le modèle du budget lancé par la maire de Paris Anne Hidalgo en 2014. L’appel à candidatures lancé du 30 juin au 14 août a permis de rcueillir 638 dossiers, provenant à 48% de collectivités, à 42% d’associations et à 10% d’entreprises. 313 projets ont été sélectionnés, comme la transformation de lampadaires avec des ampoules LED et la plantation d’un arbre à chaque mariage ou PACS, seront soumis au vote, du 18 septembre au 2 octobre.

Enfin, la région Ile-de-France constitue, à la demande de la climatologue Valérie Masson-Delmotte, un groupe régional d’experts sur le climat (GREC). Comme l’ont déjà fait les régions Nouvelle-Aquitaine, Normandie, Centre-Val-de-Loire et Bretagne.

«C’est surtout une opération de communication opportuniste», dénoncent les élus régionaux du groupe «Alternative écologiste et sociale». «Pourquoi avoir retoqué, en mars, notre projet de réaliser le bilan carbone de la région ? On nous a ris au nez à l’époque. La région a, en revanche, lancé un vaste plan route, doté de 200 millions d’euros», rappelle Ghislaine Senée, présidente du groupe.



[1] Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires