L’écologie au cœur du plan de relance?

Le 07 juillet 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Barbara Pompili et Elisabeth Borne, deux ministres écologistes?
Barbara Pompili et Elisabeth Borne, deux ministres écologistes?
VLDT

La première des tâches assignées à Barbara Pompili sera d'élever l'écologie au rang de "moteur essentiel" du futur plan de relance de l'économie.

 

Cela ne sautait pas aux yeux à la lecture de la composition du gouvernement de Jean Castex. Il y aura deux ministres écologistes au conseil des ministres. C’est du moins l’opinion de Barbara Pompili, désormais en charge de la transition écologique (mais plus solidaire). «On sort de ce ministère toujours plus écologiste qu’on ne l’était en entrant», a dit l’ancienne députée de la Somme, en s’adressant à sa prédécesseur, Elisabeth Borne, appelée au ministère du travail.

La green team pourrait être plus importante encore. Contrairement aux habitudes, la nouvelle locataire de l’Hôtel de Roquelaure n’a pas dévoilé de feuille de route, en prenant ses fonctions, ce mardi 7 juillet. Et pour cause ! Ces prochaines semaines, tout le gouvernement œuvrera à la rédaction du plan de relance de l’économie, dont la publication est attendue pour le mois de septembre.

un moteur essentiel

Un plan dont l’écologie devra être «un moteur essentiel». «Je m'en suis entretenue avec le Premier ministre et ce ministère sera un acteur de la stratégie de soutien à l'activité, de reconquête industrielle et de souveraineté, de développement et de la recherche», a indiqué l’ancienne présidente de la commission du développement durable de l’assemblée nationale. Mais le ministère de la transition écologique ne sera pas le seul à tenir ce cap. Désormais seul patron de Bercy, Bruno Le Maire tiendra, souvent seul, le crayon du plan.

Ce mardi, l’ancien libéral a rappelé les priorités du futur programme: compétitivité des entreprises et transition écologique. Auxquelles il faut ajouter le soutien à l'emploi, via un nouveau mécanisme d'activité partielle de longue durée en cours de négociation. Ce plan reposera sur «des choix orientés qui permettent de reconstruire, de gagner en souveraineté économique, d'avoir une France plus économe du point de vue du respect de l'environnement», a assuré le nouveau Premier ministre Jean Castex, lundi 6 juillet.

technologies bas carbone

Dans l’esprit du chef du gouvernement, le respect de l’environnement s’apparent à technologies bas carbone. Ces dernières semaines, Bruno Le Maire a d’ailleurs indiqué que le plan de relance pourrait soutenir la rénovation thermique des bâtiments (sujet pour Emmanuelle Wargon, promue ministre déléguée au logement) le transport ferroviaire (un dossier pour Jean-Baptiste Djebbari nouveau ministre délégué aux transports), ou les filières énergétiques d'avenir comme l'hydrogène. A quoi s’ajoutent, peut-être, les 15 milliards, sur deux ans, annoncés par le président de la république, lors de sa réponse aux membres de la convention citoyenne pour le climat ?

Vert, le plan de relance aura aussi pour objectif de dynamiser la compétitivité des entreprises. D’abord, en favorisant la robotisation des PME, mais aussi en actionnant le levier fiscal. «C'est absolument essentiel», a plaidé Bruno Le Maire, partisan d’une baisse de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) en mettant en avant une question de «cohérence», quand beaucoup demandent la relocalisation de certaines productions en France. Les collectivités territoriales percevant le produit de la CVAE, le choix de Bercy irritera les élus locaux. Est-ce bien raisonnable en cette période de concorde post-Covid ?