L’Autoroute 45 part à la casse

Le 17 juillet 2020 par Victor Miget
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
L'A45 devait soulager l'A47 et ses 80.000 véhicules/jour.
L'A45 devait soulager l'A47 et ses 80.000 véhicules/jour.
DR

La déclaration d’utilité publique (DUP) de l’autoroute A45 entre Lyon et Saint-Etienne a expiré le 16 juillet. Les pouvoirs publics préfèrent désormais rénover l’A47.

 

Les 50 kilomètres de l’A45 devaient relier Lyon à Saint Etienne et soulager l'actuelle A47 (80.000 véhicules/jour). La déclaration d’utilité publique (DUP) avait été signée il y a 12 ans, par Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’Écologie et de l’Aménagement du territoire. Mais plus tard, l’autoroute prenait du plomb dans l’aile. Le projet d’infrastructure n’avait pas été retenu dans le rapport du Conseil d’Orientation des infrastructures (COI) de 2018, dit rapport Duron. Un an plus tard, c’était au tour de la ministre des Transports d’alors, Élisabeth Borne, de dire non.

Entre gâchis et satisfaction

Le projet était pourtant bien avancé. La région Auvergne Rhône-Alpes, le département de la Loire et la métropole de Saint-Etienne avaient provisionné 400 millions d’euros. Le reste étant à la charge de l’Etat et du concessionnaire Vinci Autoroutes. Coût total du programme: 1,2 milliard d’euros. Le Conseil d’État avait émis un avis favorable. Ne manquait que la signature de l’Etat pour démarrer les travaux.

«Le sentiment qui domine, après l’abandon de ce projet, c’est celui d’un grand gâchis car on avait franchi toutes les étapes, y compris sur le financement, et qu’on touchait au but», a déclaré le président (LR) du conseil départemental de la Loire, Georges Ziegler. «Cette décision revient à condamner des milliers d’automobilistes et d’entreprises à subir embouteillages, pollution et perte de compétitivité», a regretté le président de la Région Laurent Wauquiez (LR). Les collectivités avaient bien demandé un prolongement de la DUP pour une durée de dix ans. En vain.

Réunis au sein du collectif non à l’A45, les opposants se sont réjouis dans un communiqué : «Une lutte remportée à la suite de plusieurs décennies de mobilisations de militantes et militants. L’organisation des habitantes et habitants ainsi que la création d’un collectif des paysannes et paysans, ont permis d’achever ce vieux projet». Et les agriculteurs pouvaient s’inquiéter. Le projet aurait rayé de la carte 500 hectares de terres agricoles et de vergers.

Roues de secours  

Faut-il craindre un nouveau projet autoroutier ? Les antis peuvent souffler. Sont évoqués des réaménagements sur l’A47 et l’amélioration de l’offre TER sur la liaison Lyon-Saint-Etienne. L’État s’est engagé à maintenir son enveloppe de 400 millions d’euros. Elle pourrait prendre le train.