L’Anah vise 600.000 logements rénovés en 2021

Le 07 décembre 2020 par Victor Miget
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Le budget de l'Anah a presque doublé, pour un objectif de rénovation qui a triplé pour 2021
Le budget de l'Anah a presque doublé, pour un objectif de rénovation qui a triplé pour 2021

L'Agence nationale de l'habitat (Anah) a présenté, le 3 décembre, un budget et des objectifs fortement revus à la hausse pour 2021, avec 600.000 logements rénovés. Une mission difficile, mais pas impossible.

 

C’est bon pour 2020. L’Anah aura rempli ses objectifs fixés par le ministère du logement, a-t-elle annoncé lors de son dernier Conseil d’administration de l’année. Soit 200.000 aides attribuées.

L’agence en a profité pour adopter un budget en forte hausse de 2,7 milliards d’euros (Md€) en 2021 contre 1,4 Md€ en 2020. Un budget presque doublé par le Plan de relance, qui doit permettre de rénover 600.000 logements, espère l’Anah.  

Reconfiguration de la prime

Pour y parvenir, l’Anah rappelle que, dans le cadre de France Relance, MaPrimeRénov’ sera élargie, dès le 1er janvier 2021 à l’ensemble des propriétaires et copropriétaires. Elle visera à favoriser les rénovations les plus ambitieuses plutôt que les actions « mono-gestes », en distribuant notamment des primes pour les sorties de passoires thermiques et rénovations basse consommation (BBC). C’est aussi l’assistance à maîtrise d’ouvrage qui sera financée.

Concernant les copropriétés, dont le processus de décision afin d’engager des travaux est un casse-tête, l’Anah a un plan. Elle dispensera une aide collective unique pour toutes les copropriétés qui engagent des travaux de rénovation énergétique permettant un gain énergétique d’au moins 35%. «Cette évolution permet de créer un dispositif simple et accessible à l’ensemble des copropriétés», assure-t-elle.

Stratégie sur le terrain

Le programme Habiter Mieux a lui aussi été renforcé. Il subventionnera jusqu’à 50% des travaux de rénovation énergétique permettant d’économiser au moins 35% d’énergie. Le plafond de travaux est porté à 30.000€. Là encore, des primes seront attribuées pour les sorties de passoires énergétiques ainsi qu’un bonus pour les rénovations atteignant l’étiquette A ou B.

Nicolas Garnier, président d’Amorce, se réjouit. «Ces annonces cochent un certain nombre de bonnes cases et les chiffres annoncés sont très ambitieux». Mais selon lui, en plus de l’argent, la stratégie adoptée sur le terrain doit être plus ambitieuse. «Maintenant, l’Anah doit travailler davantage avec les collectivités locales, dans le déploiement de stratégies territoriales de la rénovation énergétique à plus grande échelle, qui sont encore loin d’être généralisées.» Condition sine qua none de la massification selon lui. «Pour le moment nous travaillons encore trop quartier par quartier, rue par rue», regrette-t-il.

Instabilité règlementaire

Marina Offel – responsable affaires publiques et juridiques chez Hellio, expert de la rénovation énergétique, salut un objectif tout à fait réalisable selon elle. A condition de parvenir, enfin, à une forme de stabilité réglementaire. «Cette instabilité freine la demande des ménages, il y a trop de stop and go, de changements dans la conditionnalité des aides, les dispositifs n’arrêtent pas d’évoluer et ce n’est pas rassurant pour les ménages». L’Etat devrait aussi, selon Marina Offel, « limiter les intermédiaires en boostant la professionnalisation des acteurs de la rénovation énergétique, afin qu’ils soient capables d’intégrer tout le processus menant de la création du dossier de demande d’aide à la rénovation énergétique ».