L’agenda environnemental chargé de Joe Biden

Le 20 janvier 2021 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pars vite et reviens tard.
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Malgré la crise sanitaire et économique, le nouveau président des Etats-Unis ne devrait pas oublier l'environnement et le climat durant ses 100 premiers jours de présidence. Revue de détails.

Incroyable paradoxe. Alors que Donald Trump a consacré l’essentiel de ses dernières journées présidentielles au golf, son successeur n’a pas chômé. Après avoir passé des semaines à composer une équipe répondant aux attentes sociales et raciales de ses électeurs, Joe Biden va poursuivre son marathon.

Ce 20 janvier, sitôt la cérémonie de prestation de serment achevée, le 46e président des Etats-Unis investira la Maison blanche, désertée quelques heures plus tôt par Donald Trump. Il est le premier ancien président, depuis un siècle et demi, à n’avoir pas voulu assister à l’intronisation de son successeur.

séance de signatures

Dès son arrivée dans le bureau ovale, Joe Biden a prévu de se remettre au travail: 17 ordres exécutifs, mémorandums et proclamations sont à la signature, a indiqué son équipe. L’ancien vice-président de Barack Obama devrait notamment parapher la lettre demandant la réintégration de l’Hyperpuissance dans l’accord de Paris. Un accord que Washington a quitté, il y a … deux mois et demi.

Autre décision attendue: l’abrogation des derniers permis d’exploration d’hydrocarbures accordés par Donald Trump sur les terres fédérales. Les Etats-Unis devraient redevenir membre de l’Organisation mondiale pour la Santé (OMS). Joe Biden devrait aussi mettre un terme au vieux projet d’oléoduc géant américano-canadien. Imaginé sous la présidence Obama, le Keystone XL devait transporter du brut canadien vers les raffineries du Texas. Son abandon est une catastrophe pour les pétroliers de l’Alberta, mais une aubaine pour ceux du Texas, sévèrement affectés par la crise de la Covid.

menaces sur les pipelines

L’administration démocrate ne devrait pas réserver un meilleur sort au Northstream 2, un gazoduc sous-marin devant relier la Russie à l’Allemagne. Depuis plus d’un an, le gouvernement américain sanctionne les entreprises chargées de la pose du tube au fond de la Baltique. Officiellement, il s’agit de réduire les exportations de gaz russe vers l’Europe. Officieusement, il pourrait aussi s’agir de favoriser les exportations de gaz américains vers l’Europe. Le gouvernement Biden ne devrait pas revenir sur ces mesures.

Si la gestion de la pandémie devrait occuper une grande part de son travail, l’ancien sénateur du Delaware a prévu de se consacrer à de nombreux sujets environnementaux au cours de ses 100 premiers jours. En plus de la confirmation par le Congrès des principaux membres de son administration, le nouveau locataire de la Maison blanche devra engager la révision de plusieurs réglementations initiées par l’équipe Trump: fuite de méthane, normes d’émission des véhicules, notamment. Ce dernier dossier intéresse aussi le Canada qui adopte, généralement, les normes américaines.

nouvelle ambition climatique

D’ici la fin du mois, Joe Biden pourrait aussi ratifier le protocole de Kigali. Signé en octobre 2016, cet amendement au protocole de Montréal interdit progressivement production et utilisation des hydrofluorocarbures, les plus puissants gaz à effet de serre du moment.

Dans le courant du mois de février, le président démocrate pourrait officialiser les objectifs de la contribution volontaire américaine (NDC): une production d’électricité neutre en carbone dès 2035 et la neutralité carbone totale pour 2050. L’occasion sans doute aussi de reprendre le paiement de la contribution américaine au Fonds vert pour le climat (3 milliards de dollars) dont les paiements ont été suspendus par Donald Trump. Février sera aussi le mois du design du programme de relance post-Covid. Joe Biden a déjà annoncé un budget exceptionnel de 1.900 milliards de dollars.

voyage inaugural en Europe

Air Force One, l’avion présidentiel, ne devrait pas mettre le cap vers l’Europe avant le mois de mars. La nouvelle administration démocrate prévoit un voyage vers le Vieux monde, probablement en Allemagne, avec un possible crochet par le parlement européen. Une visite au Royaume-Uni serait également au programme. L’occasion d’évoquer l’organisation de la COP 26, le sommet climatique onusien dont la tenue est toujours prévue à Glasgow, au mois de novembre.

La période des cent jours devrait être ponctuée par l’organisation d’un sommet international. L’administration Biden entend, à cette occasion, présenter son agenda international pour les trois prochaines années.