Intercités : ces lignes qui n’intéressent pas les concurrents de la SNCF

Le 03 décembre 2020 par Victor Miget
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Le nouveau pacte ferroviaire ouvre à la concurrence les lignes TER et TET
Le nouveau pacte ferroviaire ouvre à la concurrence les lignes TER et TET

La SNCF est seule candidate pour exploiter les lignes Intercités Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux, ouvertes à la concurrence. Mais la victoire n’est pas remportée pour autant. 

 

Depuis décembre 2019, le nouveau pacte ferroviaire ouvre à la concurrence les lignes conventionnées par les collectivités publiques (TER pour les Régions et TET pour l’État). En janvier 2019, l'État, sous l’impulsion de la ministre des Transports d’alors, Elisabeth Borne, avait annoncé vouloir mettre en concurrence les trains d'équilibre du territoire (Intercités) des lignes Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux, en lançant un appel d’offre européen, pour une ouverture en 2022. Objectif: améliorer la qualité de service à un moindre coût. Mais près de 2 ans plus tard… seule la SNCF a répondu.

Le service public cri victoire

Que s’est-il passé? L’Allemand Arriva (Deutsch Bahn), le Belge Eurorail et le Français Transdev (Caisse des dépôts) avaient signifié leur intérêt. En juillet dernier, le ministère de la Transition écologique leur avait communiqué le cahier des charges. Mais la crise de la Covid-19 a asséché les capacités d’investissement des opérateurs. Les entreprises préfèrent se concentrer sur les trains régionaux (TER). L’offre était pourtant alléchante puisque ces dessertes devaient être rénovés et le matériel renouvelé, lorsque l’opérateur choisi aurait démarré l’exploitation.

«Les opérateurs privés en quête de profits ne se positionnent que sur des trafics rentables avec un niveau d'argent public garanti, comme pour les lignes TER», critique SUD-Rail.. Même son de cloche du côté  de la CGT-Cheminots qui estime qu'il faut  «tirer toutes les leçons de ce premier échec retentissant» et utiliser les ressources publiques «pour financer les services offerts aux usagers». La CGT-Cheminots demande à l'État que ces lignes soient exploitées directement par SNCF Voyageurs, «seul opérateur capable de maintenir le service.»

 Vainqueur par défaut ?

Message reçu par le transporteur public. «Nous constatons que nous sommes les seuls à répondre», confirme Jean-Pierre Farandou, PDG de la SNCF. «Je ne vois pas pourquoi on serait pénalisés parce que d'autres ne se sont pas présentés. (...) Je souhaite que l'Etat aille jusqu'au bout de cette démarche et nous attribue le marché.»

La crainte du patron de la SNCF est que l’Etat déclaire l’appel d’offre infructueux. Le groupe public rappelle qu’il a déjà investi 2 millions d’euros pour cet appel d’offre et que des propositions d’améliorations du service et d’ajustements tarifaires ont été formulées.