Incendies à Tchernobyl: fin de partie

Le 27 avril 2020
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
La zone d'exclusion abrite 800 tranchées contenant des déchets radioactifs.
La zone d'exclusion abrite 800 tranchées contenant des déchets radioactifs.
VLDT

Les feux de forêts autour de la centrale nucléaire ukrainienne accidentée semblent en voie d’extinction. Ils n’ont pas provoqué de pollution radioactive régionale ou continentale.

Il aura fallu trois semaines aux pompiers ukrainiens (et à la pluie du week-en dernier) pour en venir à bout. Entretemps, les incendies auront dévoré 11.000 hectares de forêts et de maquis autour et dans la zone d’exclusion de Tchernobyl. Cette nouvelle vague de feux, autour de la centrale nucléaire accidentée le 26 avril 1986, n’est pas la première. Elle ne sera pas la dernière non plus: la zone est étendue, très boisée et très peu peuplée.

Ces sinistres, qui n’ont provoqué, pour le moment, ni victime ni destruction d’infrastructures ou de logements, ont-ils contribué à diffuser une nouvelle pollution radioactive, en mettant en suspension des particules radioactivités habituellement confinées dans la litière de la forêt? Peu probable, au regard des mesures dont nous disposons actuellement.

niveaux d'activité très faibles

Le 7 avril dernier, l’Institut de radioprotection et de sureté nucléaire français (IRSN) s’attendait, dans le pire des cas, à des effets insignifiants: «au vu du retour d’expérience, les niveaux d’activité attendus dans l’air en France en césium 137 devraient être très faibles, voire non mesurables. De tels niveaux sont sans conséquence sanitaire pour la population et l’environnement.»

Deux semaines plus tard, cette prédiction semble se confirmer. Après avoir parcouru plus de 110 km2, les flammes ont été stoppées, annonçait, le 26 avril, la présidence de la république ukrainienne. Une information que confirme Firms, le service mondial de détection par satellite des incendies (Nasa).

Pour autant, certains foyers semblent avoir approché l’enceinte de la centrale. Une image prise dans l’infrarouge, le 17 avril, par le satellite NOAA-20, montre des foyers se situant à 2 km des installations.

Dans sa communication officielle, Kiev n’évoque pourtant pas la moindre pollution radioactive. L’information est corroborée par la balise de détection de radioactivité de l’ambassade de France à Kiev et par le réseau de mesure européen de contrôle de la radioactivité (Remon), géré par le centre communautaire de la recherche (JRC).

un rapport de 1 à 1 million

Dans un communiqué, publié le 24 avril, l’IRSN note une infime activité en césium 137, imputable aux particules radioactives venues d’Ukraine. Des mesures en continu, effectuées à Bouc-Bel-Air (13), du 4 au 10 avril, montrent une activité voisine de 1 µBq/m3 «Cette mesure traduit un faible marquage (le bruit de fond à proximité de la station est estimé à environ 0,15 µBq/m3) dû aux masses d’air venant d’Ukraine», indique l’institut de Fontenay-aux-Roses.

D’autres stations de mesure de l’IRSN, situées à Orsay (91), Dijon (21) Romagnat (63) et Révin (08) n’ont, en revanche rien révélé de significatif.

En 1986, année de la catastrophe de Tchernobyl, la plus forte «retombée de césium» a été détectée, le 1er mai, au-dessus de la ville de Verdun (55): 1 becquerel/m3. Une activité extrêmement faible, mais qui reste un million de fois supérieure à celle mesurée dans la région d’Aix-en-Provence (13) au début du mois.